samedi 21 juin 2008

Makoto et Mamoru sont dans un bateau

Hier soir j’ai vu 5 Centimètres par seconde de Makoto Shinkai (2007), dessin animé qui doit son nom au temps que prennent les pétales du cerisier à tomber sur le sol. Le réalisateur est présent, il a l’allure d’un adolescent. Son film est très beau, les dessins ressemblent à des photographies tant leurs détails sont stupéfiants de précision: j’ai vu et entendu mes chers corbeaux, les stridulations prolongées des cigales, j’ai traversé la gare de Shinjuku... on s’y croirait ! A la sortie, R et moi nous nous extasions sur nos progrès en japonais ! Quand je pense qu’il y a un an, en voyant ce film sans sous-titres au Cinéma Rise de Shibuya, je n’avais reconnu aucun des mots! Quelle immense satisfaction que cette sensation de progresser dans une langue apprise avec peine ! Quand des phrases émergent enfin de la bouillie informe initiale ! Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Je voudrais être à ce jour où je pourrai lire, sans trop de difficultés, un de ces petits livres de poche aux couvertures colorées que je convoite à la géante librairie Maruzen...
Aujourd’hui, c’était au tour de La Traversée du temps de Mamoru Hosoda (2006). Dans ce film d’animation, Makoto et Chiaki se rendent au Musée National de Tokyo. Le dessin est ici aussi si précis, qu’il me semble reconnaître, le coeur serré, les salles qu’ils traversent. Ils s’arrêtent devant une vitrine vide où sera bientôt exposé le parchemin que Kazuko, la tante de la jeune fille, est en train de restaurer. Soudain, j’aperçois, dans la vitrine d’à côté, à peine ébauché car ne jouant aucun rôle dans le récit – quoique...- un tableau qui représente Xuanzang, ce célèbre moine bouddhiste chinois du VIIe siècle, dont le voyage en Inde, d’où il ramène un grand nombre de textes bouddhistes, est raconté dans le roman classique Le Pèlerinage vers l'Ouest. A mon tour de traverser le temps : vers le futur car dans un mois je vais voir Monkey, une adaptation de ce pèlerinage, au Royal Opera House, mais également vers le passé : il y a 6 mois, je voyais dans ce même musée une expo qui m’a beaucoup marquée et à laquelle je pense très souvent.

Le premier jour de l’été passe inaperçu. Il fait gris, froid et pluvieux. Je me traîne, fiévreuse, enrhumée, les jambes flageolantes. Même la perspective des films japonais et chinois à gogo au BFI en juillet et août n’arrive pas à m’animer, contrairement aux films qui l’étaient, eux !

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