Zuihitsu ou "notes au fil du pinceau", comme en composaient les gentes dames de la cour de Heian au Japon, aux environs de l’an 1000: « J’ai rassemblé des notes sur les événements qui s’étaient déroulés devant mes yeux et sur les réflexions que j’avais faites en mon âme » (Sei Shōnagon dans Notes de chevet)
jeudi 7 janvier 2010
Incrédule devant Persécution
mercredi 6 janvier 2010
Le plaisir dans la répétition
Je passais, il y a quelque temps, sur le Pont de Londres, et m’arrêtai pour regarder ce que j’aime : le spectacle d’une eau riche et lourde et complexe (...). Mais je sentais derrière moi trotter et s’écouler sans fin tout un peuple invisible d’aveugles éternellement entraînés à l’objet immédiat de leur vie. Il me semble que cette foule ne fût point d’êtres singuliers, ayant chacun son histoire, son dieu unique, ses trésors et ses tares, un monologue et un destin ; mais j’en faisais, sans le savoir, à l’ombre de mon corps, à l’abri de mes yeux, un flux de grains tous identiques, identiquement aspirés par je ne sais quel vide, et dont j’entendais le courant sourd et précipité passer monotonement le pont. Je n’ai jamais tant ressenti la solitude, et mêlée d’orgueil et d’angoisse; une perception étrange et obscure du danger de rêver entre la foule et l’eau. Je me trouvais coupable du crime de poésie sur le Pont de Londres.
mardi 5 janvier 2010
Le petit carré d’Hermès
lundi 4 janvier 2010
La dite Artémis
Mais Artémis n’a pu voir tout ce beau monde se presser à ses pieds – imaginez un peu : de Catherine de Médicis à Marie-Antoinette en passant par la Pompadour et Molière et La Fontaine, Voltaire et Napoléon... - car son regard de marbre est détourné vers son carquois, et tous les Actéon en puissance que nous sommes ne risquent rien cette fois-ci ! Le sculpteur romain l’a saisie à jamais dans le geste de saisir du bout des doigts l’une de ses flèches d’argent. C’est un geste assuré, agile, vif et silencieux car elle vient d’apercevoir un cerf ou une biche qu’il ne s’agit pas d’effaroucher. A ses pieds on pense à La Vénus d’Ille, le conte de Mérimée, et si elle tournait soudain la tête vers nous, là non plus, on ne serait nullement étonnés... Mais ce jour-là on verra toute une bande de cerfs et de biches dévaler les beaux escaliers du Louvre et se disperser vers les Tuileries, la déesse outragée à leurs trousses, ses flèches vengeresses pourfendant l’air!
dimanche 3 janvier 2010
Et la lumière est...
samedi 2 janvier 2010
Jamais sans mon livre
Mince ! le taxi allait arriver et je ne savais toujours pas ce que j’allais pouvoir lire dans le train... tout en sachant pertinemment que je n’allais pas l’ouvrir, ce livre, car dès que je suis assise dans un train, mon esprit bat la campagne. J’avais bien mon ipod au cas où l’Eurostar restait coincé dans le tunnel dans le noir mais... si c’était en rase campagne? Au dernier moment j’ai saisi la bio de Van Gogh pour « réviser » avant l’expo à la Royal Academy.
Mais le voyage s’est super bien passé – et le nord de la France sous la neige, quel magnifique spectacle!
Les derniers jours à Londres, avant le voyage, je lisais un livre sur les séjours en Angleterre d’Arthur Rimbaud, « l’homme aux semelles de vent », entre 1872-1874. Il avait 17 ans. Fin mai 1873, Van Gogh, âgé de 20 ans, débarquait lui aussi à Londres. C’est amusant d’imaginer que s’ils s’y sont croisés ils ont peut-être eu une drôle de sensation, comme Christophe Lambert quand il croise un autre Highlander dans le film du même nom! Bizarrement, tout au long de mon séjour parisien, je n’ai fait qu’entendre parler de Rimbaud... le plus extraordinairement dans Plus belle la vie (!!) où une Japonaise déjantée invoquait son fantôme (pour des raisons que je n’ai pu élucider car je ne supporte pas plus de 2 minutes de ce feuilleton).
Je me souviens que le premier soir à Paris, en rentrant à l’hôtel, je suis tombée sur le film La Momie dont plusieurs scènes se déroulent au British Museum. Je ne suis pas sûre qu’ils aient filmé à l’intérieur - je ne reconnaissais aucune de mes copines momies - mais en tout cas on voyait sa façade. J’ai eu un vrai sentiment de bonheur, d’être entre les deux, de pouvoir profiter de Paris et de la France et aussi d’avoir - et de voir - dans Londres, un vrai port d’attache.
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vendredi 1 janvier 2010
"Joyeuse, plantureuse et paisible vie"
Que ce premier jour de la nouvelle année
Vous envoie une joyeuse, plantureuse et paisible vie
D’après Christine de Pizan
Tout en roulant, le train soulevait un épais nuage de neige. On aurait dit que c’était une locomotive à vapeur qui nous tractait ! Tout le paysage en était brouillé. La seule chose qui se détachait de cette blancheur, qui restait solide et pareil à lui-même, c’était le rail de chemin de fer. Je me suis dit que c’était comme ça qu’il fallait être : fidèle à soi-même quelles que soient les circonstances. C'est tout ce que je me souhaite en ce premier jour de l’année.
Et oui tiens, je souhaite aussi que mon calendrier 2010 ressemble au carrelage médiéval dont s’enorgueillit la Cathédrale de Winchester: qu'il soit fleuri, étoilé et varié!
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