dimanche 31 mai 2009
Attention fragile
samedi 30 mai 2009
Née sous le signe de l’art&essai, ascendant multiplexe
« A un moment il y a Ben Stiller, il a une plaquette égyptienne dans les mains qui ressemble à un iphone géant. En même temps Kahmunrah le Pharaon qui a un cheveu sur la langue tient Owen Wilson captif. Alors Ben Stiller lui dit : ‘Donne-moi le sablier et je te donne la tablette et le code’ et le Pharaon lui répond : ‘Non, c’est toi qui vas me donner la plaquette et le code’ . Et ça dure comme ça 5 minutes, et aucun ne cède. En plus Ben Stiller fait un signe qui énerve le Pharaon qui le menace : « Je vais te tuer si tu ne me donnes pas la plaquette et le code, et si tu fais ce geste » et évidemment Ben Stiller fait les 3 choses en même temps, ce qui énerve Kahmunrah. Et ce manège dure au moins 10 minutes. C’était vraiment drôle. »
vendredi 29 mai 2009
Mieux vaut To (une fois par an) que jamais
Celui que j’ai vu s’appelle Sparrow (moineau), c’est-à-dire pickpocket en argot de Hong-Kong. Il était question d’une aguichante môme moineau, et d’un vrai piaf qui ne ressemblait pas du tout à un moineau européen mais à un toucan de poche ! C’était léger, drôle, surprenant, et pour une fois, il n’y avait qu’une seule petite goutte de sang, et encore... versée par inadvertance. Le scénario semblait sortir d'une cervelle de moineau, mais la réalisation, avec clin d’oeil aux Parapluie de Cherbourg, est réjouissante. Je suis sortie du cinéma aux anges, maudissant mes parents de ne pas m’avoir fait naître à Hong-Kong, et avec du Simon Yam plein les yeux. Vivement le prochain: j'en piaffe d'impatience!
jeudi 28 mai 2009
Le simple sentiment de l’existence dans sa plénitude
Faites comme chez vous, Europe 1, 24 mai 2009
mercredi 27 mai 2009
Virginia Woolf, Bloomsbury






mardi 26 mai 2009
Hans et Watanabe
lundi 25 mai 2009
Une après-midi dans le Prince Charles
L’entrée de la salle du Prince Charles, un cinéma de Chinatown, se fait par le sous-sol. Cet endroit sombre et étroit, rouge et noir, ressemble comme deux gouttes d’eau au sous-sol du Cinéma Rise, dans le quartier de Shibuya à Tokyo. C’est au Cinéma Rise que j’ai vu le film Maison de Himiko de Inudo Isshin, en août 2005. Un film magnifique dont l’acteur principal est Jo Odagiri. Avant d’acheter mon billet, dans un café, prenant mon courage à deux mains, j’avais demandé à une serveuse de déchiffrer pour moi les kanjis sur l’affiche : « Maisonne do Himiko » avait-elle dit. En fait, le titre était en « français » ! C’était drôle ! Je repartais - la mort dans l’âme - le lendemain à Londres, et les adieux que Jo Odagiri fait à sa dulcinée à l’écran, je les ai pris pour moi. Ce qui est marrant c’est que quand je suis revenue en avril 2007, Jo Odagiri jouait dans tous les films projetés à Tokyo. J’en ai fait une overdose !Samedi dernier il faisait 20 degrés à Londres. C’était en plus le début d’un pont de trois jours. Mais c’est sans regret que j’ai abandonné le soleil pour la pénombre du Prince Charles. Le Terracotta Film Festival bat son plein avec ses films d’Extrême-Orient. Et parmi eux Dream de Kim Ki-duk, un réalisateur coréen... avec Jo Odagiri. Alors dans le film, tout le monde parle coréen sauf mon idole qui parle japonais. Ça fait bizarre de voir les acteurs coréens faire comme si de rien n’était !
L’histoire est complètement débile : quand Jo rêve, une parfaite inconnue (Ran) fait des crises de somnambulisme pendant lesquelles elle se livre à des trucs bizarres et dangereux. Elle finit par tuer son amant parce que Jo l’avait rêvé... un truc dans ce genre. Allez expliquer cette anomalie à la police coréenne ! On finit par interner Ran alors, pour la protéger, Jin (Jo) décide de ne plus dormir : fastoche ! Alors il tient ses yeux ouverts avec du scotch (son visage ressemble alors à un masque de dragon), ou bien il s’enfonce des épingles dans le crâne, ou bien se fout des coups de marteau sur les orteils, ou s’enfonce un couteau dans la cuisse... en se tordant de douleur.
Je réprimais le fou rire qui me gagnait en pensant que jamais il n’avait pensé à boire du café, ce qui quand même tache moins la moquette. La cerise sur le gâteau c’est quand il venait voir sa copine au commissariat, sanguinolent, se tapant la tête contre les murs et râlant comme un damné, et que l’on voyait dans le fond le flic imperturbable feuilletant ses dossiers ! A la fin, c’est l’apothéose : les deux se suicident.
J’ai pensé, en émergeant de ce cauchemar, à Abbas Kiarostami selon qui « la poésie comme le vrai cinéma se rapproche du rêve », c’est sûrement vrai sauf quand le film lui-même s’appelle Dream ! Mais, quand même... Jo Odagiri... comme il est beau !
dimanche 24 mai 2009
Le gros champignon de Piccadilly circus
samedi 23 mai 2009
Elle a trouvé que Londres avait changé...
Nous avons dû déménager, chacune de notre côté, tout en continuant de nous voir. Nous nous donnions toujours rendez-vous au coin de Leicester sq et de Charing Cross road, devant l’Hippodrome, un ancien music-hall. Nous allions manger des dim sums dans un resto chinois où elle semblait connaître tout le monde. Et elle commandait toujours des pattes de poulet, c’est-à-dire des morceaux de peau de pattes de poulet en sauce. Ça craquait, c’était d’une texture un peu plastique, et je ne pouvais m’empêcher d’avoir à l’esprit des poulets qui gambadaient quand j’essayais d’en attraper un peu du bout de mes baguettes. Avaler ensuite ma prise c'était une autre paire de manches! Elle entretenait une relation avec un mystérieux homme d’affaires chinois qui possédait plusieurs businesses à Soho. Je connaissais déjà les films de Johnny To, et je l’imaginais en héroïne d’une histoire d’amour sur fond de clans, d’opium et de triades. Son amant lui trouvait des boulots d'enfer: il l’expédiait au fin fond de la Chine vendre des moutons aux Egyptiens et en Hongrie fabriquer du foie gras! Elle revenait ensuite à Londres et s'empressait de me narrer par le menu ses aventures rocambolesques.
Elle est repartie depuis dans sa Malaisie natale. Elle n’écrit pas trop et je ne savais pas grand chose de sa vie là-bas avant de la retrouver un midi, au bout de 3 années d’absence, devant l’Hippodrome. Elle n’a pas changé d’un pouce. Nous nous entendons toujours aussi bien. Seule entorse à nos habitudes, nous avons refait le monde dans un restau japonais. C'est dans l'air du temps. Sans doute voulait-elle me faire plaisir. Je l'en remercie même si j’ai un peu regretté les fameuses pattes de poulet!
vendredi 22 mai 2009
Première bougie
You want to give up the taste of cherries?
Le Goût de la cerise d’Abbas Kiarostami
S'il s'agit de faire un bilan de cette année, je peux affirmer que mon blog a grandement contribué à me rendre la vie plus belle car pour moi l’écriture d’un billet est un exercice de méditation, c’est écarter les événements déplaisants pour se concentrer sur quelque chose qui a donné du plaisir, c’est aussi essayer de tourner en dérision les déconvenues. Cette mise en perspective muscle le mental. C’est aussi retenir et faire partager des moments qui se seraient envolés à tout jamais. C’est un miroir qui nous renvoie une image belle de nous-mêmes, et comme ça fait du bien ! C’est de la ré-écriture, une fiction du réel dans laquelle on se reconnaît. C'est aussi des rencontres enrichissantes. Une richesse. Alors, loin de moi l'envie d’oublier le goût de la cerise...
jeudi 21 mai 2009
Franz Kafka ou Frank Capra?
As in the hearts of the people
For whom he saved the Union
The memory of Abraham Lincoln
Is enshrined for ever
mercredi 20 mai 2009
Accueillir le flux du vent et de l'amour
En te cherchant
au seuil de la montagne je pleure
Au seuil de la mer et de l'herbe.
En te cherchant
au passage des vents je pleure
Au carrefour des saisons,
Dans le châssis cassé d'une fenêtre qui prend
Le ciel enduit de nuages
Dans un vieux cadre.
En attendant ton image
Ce cahier vide
Jusqu'à quand
Jusqu'à quand
Se laissera-t-il tourner les pages?
Accueillir le flux du vent et de l'amour
Dont la soeur est la mort
Et l'éternité
Son mystère qu'elle t'a soufflé
Tu devins alors le corps d'un trésor
Essentiel et désirable
Comme un trésor
Par qui la possession de la terre et des pays
Est devenue ce que le coeur accueille.
Ton nom est un moment d'aurore qui sur le front du ciel passe
- Que ton nom soit béni!
Et nous encore
Nous revoyons
La nuit et le jour
et l'encore.
mardi 19 mai 2009
Je reverdirai, je le sais, je le sais, je le sais
Abbas Kiarostami
Quoi de mieux que la poésie, pour garder la tête hors de l’eau lors d’une semaine d’examens? Même si ce n’est pas moi qui les passe et que je suis de l’autre côté de la barrière, je bois comme un buvard le stress des étudiants...
Tout mon être est un verset de l'obscurité
Qui en soi-même te répète
Et te mènera à l'aube des éclosions et des croissances éternelles
Je t'ai soupiré et soupiré
Dans ce verset je t'ai, à l'arbre, à l'eau et au feu, greffé.
La vie peut-être
Est une longue rue que chaque jour traverse une femme avec un panier
La vie peut-être
Est une corde avec laquelle un homme d'une branche se pend
La vie peut-être est un enfant qui revient de l'école
La vie peut-être c'est allumer une cigarette dans la torpeur entre deux étreintes
Ou le regard distrait d'un passant
Qui soulève son chapeau
Et à un autre passant, avec un sourire inexpressif, dit : "Bonjour."
La vie peut-être est cet instant sans issue
Où mon regard dans la prunelle de tes yeux se ruine
Et il y a là une sensation
Qu'à ma compréhension de la lune et ma perception des ténèbres je mêlerai.
Dans une chambre à la mesure d'une solitude
Mon coeur
A la mesure d'un amour
Regarde
Les prétextes de son bonheur
Le beau déclin des fleurs dans le vase
La pousse que dans le jardin tu as plantée
Et le chant des canaris
Qui chantent à la mesure d'une fenêtre.
Ah...
C'est mon lot
C'est mon lot
Mon lot
C'est un ciel qu'un rideau me reprend
Mon lot c'est de descendre un escalier abandonné
Et de rejoindre une chose dans la pourriture et la mélancolie
Mon lot c'est une promenade nostalgique dans le jardin des souvenirs
Et de rendre l'âme dans la tristesse d'une voix qui me dit :
"Tes mains
Je les aime".
Mes mains je les planterai dans le jardin
Je reverdirai, je le sais, je le sais, je le sais
Et les hirondelles dans le creux de mes doigts couleur d'encre
Pondront.
A mes oreilles en guise de boucles
Je pendrai deux cerises pourpres et jumelles
Et à mes ongles je collerai des pétales de dahlia.
Il est une rue là-bas
Où des garçons qui étaient de moi amoureux, encore
Avec les mêmes cheveux en bataille, leurs cous graciles et leurs jambes grêles,
Pensent aux sourires innocents d'une fillette
Qu'une nuit le vent a emportée avec lui.
Il est une ruelle
Que mon coeur a volée aux quartiers de mon enfance.
Volume en voyage
Sur la ligne du temps
Volume qui engrosse la sèche ligne du temps
Volume d'une image vigile
Qui revient du festin d'un miroir
Et c'est ainsi
Que l'un meurt
Et que l'autre reste.
Au pauvre ruisseau qui coule dans un fossé
Nul pêcheur ne pêchera de perles.
Moi
Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan
Et joue son coeur dans un pipeau de bois
Doucement doucement
Une petite fée triste
Qui la nuit venue d'un baiser meurt
Et à l'aube d'un baiser renaît.
lundi 18 mai 2009
Vases communicants
- Regardez-moi, dit-elle
Et tout en parlant elle remuait la tête, levait le bras. Le miroir convexe montrait une forme qui remuait la tête, le bras. Etait-ce une fée enfermée dans une boule de cristal, la fille d’un roi-dragon dans son palais sous les mers, une princesse du sang dans son palais ? Teinosuke se demandait combien de temps s’était écoulé depuis que sa femme ne s’amusait plus à ces jeux d’enfant. Sans le dire, les époux retrouvaient les sensations éprouvées au cours de leur voyage de noces, il y avait plus de dix ans.
-Il faudra que nous fassions de temps en temps un voyage comme celui-ci, murmura le soir Satchi ko à l’oreille de son mari.
dimanche 17 mai 2009
Ils étaient descendus à l’hôtel de « La Vue sur le Fouji »
Plus que 80 pages...
samedi 16 mai 2009
Travel Writer
vendredi 15 mai 2009
Çe ne nous rajeunit pas...
Les Bahamas, ses voiliers blancs, sa mer bleu turquoise
Bali et ses cérémonies funéraires
Les pashminas du quartier indien de Singapour
Le parachute ascensionnel au-dessus de la mer Egée
Le survol de l’Ayers Rock au point du jour
Les poissons grillés du Brésil
Les colibris du Costa Rica
Dans ma tête défilent des images tirées du National Geographic...
Je lui laisse imaginer
Une maison en adobe comme celles des Pueblos au Nouveau Mexique
Une vallée inaccessible sans moyens de communication
Des champs à perte de vue
Des chaînes de montagne à l’infini
Un arbre solitaire
Un rare corbeau
Le pain très fin, qui se plie comme un drap
Je sais qu’elle pense que je ne tiendrais pas plus de 3 jours dans mon « paradis de terre », mais elle ne me le dit pas. Elle m’écoute et me comprend, c’est tout. Je ne me lasse pas de constater combien nous sommes différentes... Et c’est sûrement cela le secret de notre amitié de 22 ans.
jeudi 14 mai 2009
C’est au cinéma qu’on dort le mieux
mercredi 13 mai 2009
Faut pas (tout le temps) rêver...
mardi 12 mai 2009
Les cheveux de la tortue
Avec le vent d’ Abbas Kiarostami
Ce film sur l’attente a couronné idéalement ma journée d’hier. Quand on attend quelqu’un ou quelque chose, un voyage par exemple, au début de l’attente on est très impatient, on ne sait pas si on aura la force de pouvoir tenir jusqu’au jour J. Et puis on trompe cette attente pour ne pas en souffrir. Pour mieux oublier les nôtres, on fait même siennes les attentes des autres, celles de personnages de roman par exemple : Youki ko va-t-elle enfin trouver un mari dans le roman de Tanizaki ? Mais au fur et à mesure que le jour de l’échéance se rapproche, l’attente renaît de plus belle. Des fois on oublie qu’on attendait comme quand on commande un livre avant sa publication et qu’on le retrouve un jour dans sa boîte aux lettres. Le pire serait de ne plus attendre. Voilà ce que je pensais hier à mon arrêt de bus, et toutes les tortues du monde auraient pu passer, je n’aurais pas touché à un seul de leurs cheveux !
lundi 11 mai 2009
Time and tide
dimanche 10 mai 2009
Belle vie
- Mangez-la vite ! son esprit ne reviendra pas vous hanter.
- Un jour alors que j’étais à Shibouya, Tatsouo nous a invitées dans un restaurant spécialisé dans le poulet rôti. Le poulet était très bon ; mais ensuite ils ont tué une grenouille pour la faire griller ; elle a poussé un cri ! nous sommes devenues blanches toutes les deux. Youki ko a entendu ce couac toute la nuit dans les oreilles.
- Oh ! tais-toi ! dit Youki ko qui regarda encore une fois son « soushi dansant ».
Quand elle fut assuré qu’il ne dansait plus, elle prit ses baguettes.
Star Trek de J.J. Abrams n’est pas beau à regarder. L’histoire, les rapports entre les personnages, les effets spéciaux... bof. J’ai vu mieux et de plus exaltant. Pourquoi alors, en quittant le cinéma, me sentais-je aussi contente ? Parce que c’est un film sympa malgré tout, que c’est dimanche, qu’il fait beau, et que je me sens en vacances. Et surtout, j’adore aller au cinéma à 10h du matin. Il n’y avait personne, les magasins n’étaient pas encore ouverts... C’est un peu comme partir en voyage.
Chéri de Stephen Frears, par contre, est très beau à regarder. Il y a ce plan sur la mer à Biarritz. Une mer gris perle qui roulait, en vagues successives, sur le sable. On aurait dit la soie bordée de dentelle blanche d’une des somptueuses robes de l’héroïne. Mais pour le reste... Le Chéri en question manquait tellement de charme ! Et quand on comparait ses yeux à des soles – ce qui était un compliment – je pensait plutôt qu’il avait un museau de tanche ! Pourtant, là aussi, en sortant du cinéma, j’étais toute joyeuse. Parce qu’après avoir passé une journée délicieuse, ma soirée allait continuer sur la même note.
Coraline de Henry Selick est aussi très beau à regarder, plein d’invention et de génie visuel... mais l’histoire tient dans un mouchoir de poche. C’était marrant quand même de le voir en 3D. C’était vendredi et c’est bien ce jour-là que vraisemblablement la mouche tsé-tsé de la plus belle humeur du monde m’a piquée.
samedi 9 mai 2009
J'ai vu rouge
Bruine de neige (Quatre soeurs) de Tanizaki Junichirô
vendredi 8 mai 2009
Je ne monte pas sur mes grands chevaux mais...
Lui a le triomphe modeste. Il aime à raconter qu’un jour, dans un aéroport, apercevant une de ses lectrices plongée dans son dernier livre, il se serait approchée d’elle pour lui demander pourquoi ce livre semblait tant lui plaire, sans dévoiler son identité. Elle lui en aurait écrit la référence sur un bout de papier. Il jubilait.
Il méprise les critiques qui jugent son livre sans grand intérêt et sa prose vide de valeur littéraire. Il se gausse de ces gens qui font des fautes d’orthographe et de français dans leurs articles, comment peut-on les prendre au sérieux, hein ?
Sa mère lui a dit « Lis Flaubert, mais après lis Agatha Christie. » C’est ce qui lui a donné l’envie d’écrire des livres d’amour et de suspense. Il a gagné un petit concours de nouvelles en classe de 4e. Depuis il se balade avec un carnet où il note citations et embryons d’histoires. La façon dont il parle de son nouveau personnage est presque clinique, policier, on sent la formule, la petite fiche, quelque chose comme « pilote d’hélico au dessus du grand canyon, elle a un grain de beauté entre les omoplates, son père l’a beaucoup aimée, elle a un chien et deux canaris ».
Il vit entre Paris et Antibes et son plus grand luxe est d’amener, sur un coup de tête, « la femme qu’il aime » à New York, voir une expo, sans que cela n’écorne son budget.
Dans l’émission où il était invité, on s’est bien gardé de lire un extrait de son nouveau bouquin. En écoutant sa voix terne et mesurée, précautionneuse comme s’il s’était guéri d’un bégaiement, je me disais « Il n’écrit pas pour moi, voilà tout ». On m’a connue moins philosophe !
jeudi 7 mai 2009
D'abord on ne retient que "ko ko ko ko"...
Ce sont les premiers mots de Quatre soeurs de Junichirō Tanizaki dont je transporte les 889 pages partout avec moi. C’est aussi bon de le lire que de subir le supplice de Tantale de ne pas pouvoir le faire. Dans le bus je sais que je vais tellement être emportée par ma lecture que je referme mon livre plusieurs arrêts avant ma destination car je sais que je pourrais facilement oublier de descendre ! Pourtant au début je pestais contre les noms des soeurs Makioka – Tsuru ko, Youki ko, Tae ko, Satchi ko - et de leur fille et nièce Etsou ko, qui m’embrouillaient. Mais, très vite, le brouillard initial se dissipe et les personnages nous apparaissent clairement. Et voilà, on ne peut plus lâcher le livre. On ne peut pas dire que l’action y soit palpitante, mais j’aime cette attente imprécise, ces développements souterrains, discrets et doux, comme dans la vie. C'est beau, c'est drôle, c’est érudit, c’est émouvant...
mercredi 6 mai 2009
Comme un lotus de Shinobazu
Je n’ai jamais oublié ce premier travail, mais le lieu exact où il se trouvait s’est effacé malgré moi de mon souvenir - surtout que la physionomie du quartier a beaucoup subi de liftings. La mémoire m’est soudain revenue vendredi dernier, en passant pour la énième fois à M... très tôt le matin, pour aller prendre un café à deux pas de la fac. Je me suis soudain rappelé que l’entreprise s’appelait M... aussi, et il ne m’a fallu que trente secondes pour en repérer la porte d’entrée devant laquelle je passe régulièrement depuis plusieurs années sans que cela ne m'interpelle.
mardi 5 mai 2009
Je l’aurais haché menu comme chair à pâté
Je dois être juste et le remercier de m’avoir entraînée à Tokyo dans un premier voyage si frustrant qu’il m’a donné une soif de connaissance que je ne pourrais jamais étancher.
lundi 4 mai 2009
Kon-Tiki m’était conté
dimanche 3 mai 2009
Mais,mets, mes, mai!
Ô mois d’avril, comme tu m’as paru long ! J’ai bien cru que tu ne finirais jamais et que tu continuerais de ton train de sénateur jusqu’à la fin de l’année ! Une année de 12 avrils serait mortelle. Bien sûr j’ai mille fois dit que chaque jour avait son importance, j’ai aussi mille choses à faire et 1000 choses qui m’intéressent, et aussi 1000 choses à découvrir, pour lesquelles 24h par jour ne sont pas assez, mais tu vois c’est le mois de mai qui me donne des ailes, pas toi, qui me les a rognées. Je ne t’en veux plus, mais, s’il te plaît, l’an prochain, pour retrouver grâce à mes yeux : fais-toi japonais !
samedi 2 mai 2009
What a wonderful Mann!
C’est beau ! On dirait du Walt Whitman... C’est ce que dit Justine, sa femme, à Vincent Hanna (Al Pacino), le génial flic dans Heat (1995). C’est son troisième mariage, il est toujours absent car sa priorité c’est son métier, et surtout mettre sous clé Neil McCauley (Robert de Niro), son double, côté truand.
White prison gangs is tweakers and meth labs and trailer parks...
Colin Farrell
Bouncing the old lady around until they get busted back.
Mais qu’est-ce qu’ils racontent? De quoi parlent-ils ? Un vrai charabia! Je me souviens n’avoir rien compris aux finesses de l’intrigue de Miami Vice (2006). Mais les images sont époustouflantes : ces échappées belles sur la mer en bateau... les lumières de Miami au fond de l’horizon...