Ce sont les premiers mots de Quatre soeurs de Junichirō Tanizaki dont je transporte les 889 pages partout avec moi. C’est aussi bon de le lire que de subir le supplice de Tantale de ne pas pouvoir le faire. Dans le bus je sais que je vais tellement être emportée par ma lecture que je referme mon livre plusieurs arrêts avant ma destination car je sais que je pourrais facilement oublier de descendre ! Pourtant au début je pestais contre les noms des soeurs Makioka – Tsuru ko, Youki ko, Tae ko, Satchi ko - et de leur fille et nièce Etsou ko, qui m’embrouillaient. Mais, très vite, le brouillard initial se dissipe et les personnages nous apparaissent clairement. Et voilà, on ne peut plus lâcher le livre. On ne peut pas dire que l’action y soit palpitante, mais j’aime cette attente imprécise, ces développements souterrains, discrets et doux, comme dans la vie. C'est beau, c'est drôle, c’est érudit, c’est émouvant...
Zuihitsu ou "notes au fil du pinceau", comme en composaient les gentes dames de la cour de Heian au Japon, aux environs de l’an 1000: « J’ai rassemblé des notes sur les événements qui s’étaient déroulés devant mes yeux et sur les réflexions que j’avais faites en mon âme » (Sei Shōnagon dans Notes de chevet)
jeudi 7 mai 2009
D'abord on ne retient que "ko ko ko ko"...
Ce sont les premiers mots de Quatre soeurs de Junichirō Tanizaki dont je transporte les 889 pages partout avec moi. C’est aussi bon de le lire que de subir le supplice de Tantale de ne pas pouvoir le faire. Dans le bus je sais que je vais tellement être emportée par ma lecture que je referme mon livre plusieurs arrêts avant ma destination car je sais que je pourrais facilement oublier de descendre ! Pourtant au début je pestais contre les noms des soeurs Makioka – Tsuru ko, Youki ko, Tae ko, Satchi ko - et de leur fille et nièce Etsou ko, qui m’embrouillaient. Mais, très vite, le brouillard initial se dissipe et les personnages nous apparaissent clairement. Et voilà, on ne peut plus lâcher le livre. On ne peut pas dire que l’action y soit palpitante, mais j’aime cette attente imprécise, ces développements souterrains, discrets et doux, comme dans la vie. C'est beau, c'est drôle, c’est érudit, c’est émouvant...
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