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mardi 10 juin 2008

Comme le loup blanc


Il fait beau et il fait chaud, comme le prouve le petit thermomètre à gauche de cet écran. On improvise un barbecue et on s’installe dehors où nous parvient le cliquetis des couverts dans les jardins des maisons voisines. Un lundi soir comme un dimanche en bord de mer en Provence... On n’en finit pas de contempler le ciel bleu et de s’étonner de ce soleil qui ne veut pas aller se coucher. C’est si inattendu, qu’on emporte malgré tout son imperméable, au cas où il pleuvrait en sortant du cinéma...
Peccadilles si l’on considère la vie de Gengis Khan dans Mongol, le film de Serguei Bodrov. Des paysages magnifiques, des collines à perte de vue, mais où il semble impossible de se cacher ! De chevauchées fantastiques, en batailles féroces, avec jaillissement de gerbes de sang en technicolor, le film nous ennuie, nous agace, et finit par nous faire rire. Même si je n’y avais compris un traître mot, The Blue Wolf : To the Ends of the Earth and Sea de Shinichiro Sawai, vu en japonais sans sous-titres à Tokyo en 2007, m’en avait appris bien plus que le film d’hier soir. Mais bon, en lot de consolation, il y avait le bel Asano Tadanobu, dans le rôle du véloce loup des steppes. C’est dommage que pour les besoins du scénario, il passe la moitié du temps derrière les barreaux d’une cage, le visage parcheminé de crasse, croquant des pigeons vivants à pleines dents, et l’autre à courir par monts et par vaux, vêtu de peaux de bêtes et d’un bonnet de poil - avec toutefois un joli collier à boules de métal très Chanel ! C’est seulement quand ce guerrier se repose qu’on peut admirer enfin celui pour qui Roland Barthes semble avoir écrit le texte « La paupière » dans L’empire des signes : « on dirait l’empreinte découpée d’une feuille, la trace couchée d’une virgule peinte ».
Encore une journée caniculaire avant l’escapade parisienne de demain et la chance d’apercevoir un petit bout de la Tour Eiffel – j’aimerais qu’un réalisateur japonais tourne sa version des Quatre cents coups, et joue à cache-cache avec la Tokyo Tower ci-dessus, comme dans le générique du film de Truffaut !

samedi 24 mai 2008

Les films qui passent, par Victorine Paté-Gomont



Indiana Jones et le Royaume du Crâne de CristaI (Steven Spielberg, 2008)

« What a bigue turnippe ! » Ce franglais approximatif m’évite le chapelet de jurons qui me vint aux lèvres au sortir de la projection de ce film affligeant et poussif. Il y a des séances de cinéma qui vous font vraiment perdre votre temps et votre sang-froid. Pourtant pourtant pourtant... ce film peut se glorifier d’une séquence qui pourrait en racheter le tout, un clin d’oeil peut-être involontaire, un hommage de Spielberg à son plus glorieux aîné: la visite dans un cimetière et l’attaque-surprise de petits diables, qui plongent dans un trou pour en rejaillir l’instant suivant, et cela inlassablement, semble tout droit sortir d’une féérie à la Georges Méliès, « Sorcellerie culinaire » (1904), entre autre... Je déjeune avec Spielberg demain, je lui poserai la question.

Zuihitsu présente sa “Madame Cinéma” maison: Victorine Paté-Gomont





Une rencontre avec la flamboyante Victorine Paté-Gomont - VPG (prononcer « vipidji ») pour les intimes – vous entraîne inlassablement dans un voyage, non seulement à travers l’histoire du cinéma, que nous parcourrons de long en large sous sa férule, mais aussi à travers le monde, dont elle n’a de cesse de hanter les salles de cinéma. Aucune hiérarchie dans ses souvenirs : une toile tendue entre deux cactus dans le désert mexicain et ses rasades de Tequila ; le petit cinéma Rio de Dalston dans l’Est de Londres et ses froissements de paquets de chips ; le Cinéma Rise de Shibuya, un quartier branché de Tokyo, et son architecture futuriste... D’anecdote en anecdote, de film en film, c’est une vie entièrement dédiée au Septième Art qu’elle déroulera pour nous. Pour Zuihitsu, grande prêtresse du cinéma dont les avis sont recherchés, commentés, mais rarement contestés, elle fréquentera festivals, colloques, rétrospectives, dans un travelling panoramique infini. Nous l’avons attrapée au vol, au pied de la passerelle de l’avion qui l’emmenait à Cannes où elle décernera demain la Palme d’Or (au film chinois « 24 City » de Jia Zhang Ke, nous souffle-t-elle d’un air mystérieux): « Je suis bien sûr ravie de collaborer à votre blog. Pour moi qui ne fréquente que les salles obscures, faire partie de la réacosphère est un défi, mais je le relève avec l’aplomb que vous me connaissez ! Il suffisait de demander ! » Bon vol Victorine, et nous attendons tous avec impatience vos premières chroniques !