Zuihitsu ou "notes au fil du pinceau", comme en composaient les gentes dames de la cour de Heian au Japon, aux environs de l’an 1000: « J’ai rassemblé des notes sur les événements qui s’étaient déroulés devant mes yeux et sur les réflexions que j’avais faites en mon âme » (Sei Shōnagon dans Notes de chevet)
mardi 22 septembre 2009
lundi 21 septembre 2009
Ma saison préférée
A Londres, chez moi, il fait beau et chaud, mais à Ségovie, en Espagne, c’est la pluie qui annonce la venue de l’automne. Les gouttes « tambourinent sur les feuilles des marronniers d’Inde » écrit et nous fait entendre Carlos de Hita (ici). Ma rue est bordée de ces horse chesnut trees dont les bogues (conkers) explosent sur la chaussée. Ce sont ces « plops plops » réguliers qui sonnent pour moi l’arrivée de l’automne.
Carlos, lui, salue l’automne dans les jardins du Palais Royal de La Granja où se donne un concert dont les musiciens sont des oiseaux aux noms évocateurs : un étourneau sansonnet (estornino negro), deux merles (mirlos), une grive (zorzal charlo) perchée sur une branche de buis, une bande de sittelles torchepot (trepadores azules) qui traversent le ciel à ce moment-là, des corneilles (cornejas), des chauves-souris (murciélagos), des chouettes hulottes (cárabos), un rossignol des murailles (colirrojo), une bergeronnette grise (lavandera) flûtent, hululent, pépient, babillent, appellent, chantent, sifflent et croassent.
Son enregistrement se termine dans un solo de corneilles dont les cris rauques trahissent la mauvaise humeur de devoir dire adieu, une bonne fois pour toute, à l’été : « Los graznidos de las cornejas suenan a despedida definitiva del verano ».
dimanche 20 septembre 2009
J’ai vu « Je veux voir »
A cause de toutes ces contraintes et des aléas du voyage, ils ne s’échangent pas beaucoup la parole dans la voiture. De plus, ils viennent de se rencontrer pour les besoins de ce film. A un moment, comme par mégarde, ils se mettent à discuter des images qu’on garde d’un film après l’avoir vu, et ils s’égarent sur un chemin miné. C’est un vrai moment d’abandon, de liberté qui aurait pu se payer chèrement. Sinon, comme l’indique le titre du film, ce voyage et leur relation se passent de mots. Comme s'ils devaient se taire, se faire oublier pour que nous, spectateurs, ayons la possibilité de voir aussi le Liban au sortir d’une terrible guerre. Deneuve s'assoupit même et ne voit pas de verdoyantes montagnes et des champs de blés.
Il y a aussi ces maisons bombardées, dont les ruines sont amenées sur la côte, réduites en poussière sur place, et déversées dans la mer qui se teinte de rouge, comme si elles saignaient. C'est poignant.
C'est un film trop court (1h10) et qui se termine en queue de poisson, mais j'ai bien fait de dire "je veux (le) voir" en consultant les programmes de cinéma! Il commence son chemin en moi.
samedi 19 septembre 2009
Petit déjeuner à l’antique
vendredi 18 septembre 2009
jeudi 17 septembre 2009
Hospitalité
Pendant des années je m’étais méfiée du 253, ce bus qui commence son long périple dans l’est de Londres, à Hackney Central, qui traverse tout le nord via Finsbury Park, pour terminer à Euston station. Je l’avais pris une seule fois, il y a très longtemps, et j’étais arrivée en retard à mon rendez-vous. L’air furibard de D. quand j’étais arrivée chez lui, son ton réprobateur et incrédule - « Tu as pris le 253 !? » - m’avaient interdit ce bus pendant belle lurette.
Mardi soir dernier, il pleuvait à verses. A Finsbury Park, sous le déluge, j’ai attendu ce sacré 253. L’arrêt se trouve sous un pont. En nous voyant sous nos parapluies, tentant d’éviter la cascade qui dégringolait du pont de chemin de fer, j’ai pensé au Totoro du film de Miyazaki, la scène où il attend le bus-chat, la nuit, à l’orée du bois : la pluie fait des claquettes sur son parapluie, ce qui le met en joie. La comparaison ne s’arrête pas là car depuis la dernière fois où je l’avais pris, le 253 s’était métamorphosé en nekobus. Il s’est mis à survoler tout le nord de Londres avant de me déposer, en un temps record, à destination.
Cette fois-ci, derrière l’imposante porte noire vernie, on ne me faisait pas la tête mais on m’attendait les bras ouverts. Désormais le 253 sera synonyme dans mon esprit d’hospitalité, d’une cheminée et de sa chaleur bienfaisante même si elle sonnait le glas de l’été, de murs tapissés de livres, d’un piano et de sa partition, de tableaux faits maison, de photos et de leurs têtes inconnues, d’un jardin vert sombre et d'une pluie d'automne qui tambourinait sur une verrière.
mercredi 16 septembre 2009
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