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dimanche 7 février 2010

C'est pour les coeurs mortels un divin opium! (Baudelaire)

Ce jour-là, j’avais bien plus de 35 raisons de rugir. La moutarde m’était montée au nez. La coupe était vraiment pleine. Vite, vite, il fallait me calmer! Avant, j’aurais ruminé. J’aurais pris mon téléphone pour appeler une amie et nous nous serions miné le moral mutuellement. Mais, aujourd’hui, je connais le remède le plus efficace au monde pour dompter mon stress et m’ôter toute envie de mordre. Quand je regarde les images que j’ai prises au gré de ma promenade, je ne suis pas surprise de voir qu’elles révèlent mes préoccupations. J’ai sans doute transféré mes émotions sur les objets que je regardais, certains pour la première fois. C’est un objet minuscule, découvert dans la tombe dite « des Castellani », mise à jour à Palestrina (Praeneste) en Italie en 1861. Une tombe étrusque qui date de 700-650 av. J.-C. Ces lions en ivoire que je n'avais jamais remarqués auparavant, viendraient du Proche-Orient ou ont peut-être été façonnés par un artisan Syrien vivant en Italie. Un de mes écrivains préférés, Thomas Mann, a vécu à Palestrina à la fin du XIXe siècle, alors qu’il écrivait son premier roman. A chaque fois que je regarde cette statue, qui vient du tombeau du pharaon Amenhotep III à Thèbes et qui date d’environ 1350 av. J.-C., j’éprouve une envie irrésistible de la caresser entre les deux oreilles : je ne dois pas être la seule car c’est devant elle que se trouve la plus grande pancarte interdisant tout contact avec elle ! Elle représente la déesse Sekhmet, surnommée « La Puissante ». Assoiffée de sang, elle châtie les ennemis de Ré, le Soleil. Son corps est brûlant et de sa bouche s’échappent les vents du désert. Elle est clémente avec celui qui sait « vaincre ses propres peurs car malgré sa violence, la déesse a le pouvoir de guérison, ce qui l'a consacrée déesse des médecins. » Je ne savais pas tout cela en me campant devant cette statue pour la photographier, mais maintenant je comprends pourquoi la regarder me met du baume au coeur.

samedi 14 juin 2008

Bling Bling!


Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Les Bijoux de Charles Baudelaire

Quand j’avais une dizaine d’années, ma mère m’avait ramené de Málaga un collier fait d’une lanière de cuir à laquelle pendait un petit citron. A mon immense consternation, le soir-même, je l’avais perdu. De la peine de ce collier disparu a dû naître mon attachement, ma passion, pour les bijoux de pacotille, les colifichets, la verroterie.

Si je n’aime pas trop les bracelets, j’adore les boucles d’oreille, je chéris les colliers, je vénère les bagues... J’en ramène de partout. On m’en ramène aussi des quatre coins du monde. Je me souviens de ces grosses boucles d’oreille espagnoles en bois, achetées par grappes entières au mercado du village : elles avaient la forme de gros poissons multicolores, de fraises, d’ananas, de pommes, de figues de Barbarie. Je n’oserais plus les porter !

Dans mon coffret à bijoux vous trouverez ce collier blanc d’Odaiba, qui fait sensation quand je le porte, acheté le même jour que la bague en verre de Roppongi. Le collier mauve d’Ikebukuro qui va si bien avec ma toute nouvelle bague rose de Dalston. Les boucles d’oreille en petites perles turquoise de New York qui s’accordent parfaitement à la bague à boules bleues de Grenade. J’ai une jolie bague en forme d'arum dénichée devant le palais de L’Escurial, et de nouvelles boucles parisiennes: des grues japonaises miniatures en papier mâché qui dorment encore dans leur écrin orange. Des boucles d'oreille de Singapour, du Vietnam, de Malaisie, et de Chine. Un collier vermillon découvert dans le métro madrilène. Je ne suis pas de celles qui ne portent qu’un discret pendentif ou une paire de brillants bien sages aux oreilles.
J’attends l’occasion de porter à mon doigt la bague oiseau bleu pâle qui m’attendait à la boutique Les Fleurs mercredi.

lundi 9 juin 2008

Recette

Prenez un chat pour le générique

Des Caryatides et des Atlantes

Et un poème de Baudelaire pour accompagner leurs images:

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.


Vous aurez tout sous la main pour faire un remake de Les dites Caryatides d’Agnès Varda !