dimanche 12 octobre 2008

Hier, dès l’aube...


Grande ville que la “Capitale”, et, pourtant,
que la couleur du feuillage y est belle!

Kyōto de Kawabata Yasunari

Ma banque d’images étant proche de la faillite à l’instar de ses consoeurs de la City, la mesure urgente de la renflouer s’imposait.
Afin de lui injecter des capitaux frais, hier samedi, sur le chemin de la fac, j’ai bien pris quelques photos.

Mais, arrivée dans les locaux, j’ai vite rangé mon appareil dans son étui, tant ils m’ont paru ceux d’une prison. Ces murs et ces plafonds, leur couleur cafardeuse, ces couloirs blafards, je n’avais aucune envie de les photographier. Ce hall gigantesque en marbre rose, datant du XIXe siècle, avec au mur les listes en lettres d’or des étudiants et des profs tombés au champ d’honneur lors des deux guerres mondiales - il évoque pour moi l’effrayant Panthéon des Rois du monastère de l’Escurial près de Madrid – j’ai eu du mal à le trouver photogénique.
Pourtant, vidé de ses étudiants et de la majorité de ses profs, cet endroit est loin d’être lugubre. Déjà, tôt le samedi matin, l’ambiance du quartier – Oxford street, l’une des rues les plus commerçantes de Londres – est différente des autres jours: des familles, des amoureux, de jeunes fashionistas, déambulent en petites grappes rongeant leur frein devant les vitrines des magasins encore fermés. Les cafés sont remplis de ces badauds que la fièvre acheteuse n’a pas encore atteints. L’atmosphère est encore bonne enfant, et quand il fait aussi beau et aussi chaud qu’hier, c’est un lieu idyllique.

La paix qui règne à l’intérieur du bâtiment, le téléphone qui oublie de sonner, l’absence de nouveaux emails, cette porte à laquelle personne ne s’avisera de frapper de la journée et que nous laissons ouverte nous permettent de travailler dur et sans l’ombre d’un stress.
Plusieurs heures plus tard, il faisait toujours aussi beau et aussi chaud, mais les rues étaient bondées. Vite vite, grimpons dans un bus, retrouvons notre quartier qui lui, de toute la journée, n’a pas perdu son petit air d’Oxford street un samedi matin à 9h !


De loin, on a l’impression que les grues sont les ciseaux d’un coiffeur qui taillent en pointe le clocher de l’église.

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