mardi 28 septembre 2010

Mortel, le mardi? oui, mais d'une merveilleuse mort...

A partir d’aujourd’hui le mardi sera le jour le plus chargé de mes semaines, avec moins d’une toute petite heure pour manger mon sandwich, dans une salle isolée j’espère, car tous les cafés sont bondés dans le quartier. Comme je vais envier, à l’heure de la sieste, ces nobles Etrusques, vêtus de leurs plus beaux atours, allongés pour l’éternité sur le couvercle de leur sarcophage, salle 71 du British Museum ! Quand je suis allée les voir au musée, j’avais dans la tête les descriptions des tombes de Cerveteri et de Tarquinia par D.H. Lawrence. Et je me demandais ce qu’il pouvait bien y avoir dans son écriture pour qu’elle m’émeuve autant ? Je la trouve d’une beauté extraordinaire.J’aime sa sensualité et sa façon d’évoquer l’au-delà, le monde souterrain, l’invisible, le caché. Et j'ai cherché partout à entendre le son de sa voix avant de lire ceci : « D. H. Lawrence n’a jamais été filmé et n’a pas accordé d’entretiens. On ignore même le son de sa voix. Toutes les personnes qui l’ont connu sont disparues. »
Même quand il parle de choses banales, comme un voyage en train, son arrivé à l’hôtel, la tasse de café prise sur la terrasse, le chien du guide qui l’accompagne parmi les tombes étrusques... c’est passionnant. On a envie de lire chaque phrase à haute voix, fiévreusement.

« En frémissant, frémissant, frémissant, comme le battement léger de douces flammes, douces comme des plumes, s’élevant parfois à des points éclatants, fines, subtiles, et qui la fondaient et la laissaient toute fondante au dedans. C’était comme un son de cloche montant de vague en vague jusqu’à un point suprême. Et quand cette flamme sensuelle passa étroitement par ses entrailles et sa poitrine, elle crut réellement qu’elle allait mourir : mais quelle poignante, quelle merveilleuse mort. »

L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence

1 commentaire:

Marie a dit…

J'ai pensé à toi en déambulant dimanche au Musée du Cinquantenaire... Et comme on est loin d'avoir tout vu, on y retournera ! Les dimanches pluvieux au musée, y a rien de meilleur ! Les siestes étrusques aussi, d'ailleurs !