mardi 22 juin 2010

Eschyle, à la rescousse!

Quelqu’un disait sur France culture, à propos du Taoïsme, que son essence était de : « Ne jamais en rajouter ». Si j’applique cette règle du Tao à certaines affaires qui me préoccupent en ce moment, c’est clair, je ne suis pas taoïste pour deux sous ! Il n’y a pas que moi d’ailleurs... La règle est plutôt inverse : il faut en rajouter, il faut dramatiser. Ça me mine terriblement le moral. Comment être heureux – ou tout simplement bien dans ses baskets - quand personne ne l’est autour de soi, quand personne n’est optimiste... C’est insupportable. Et même si on essaye d’aller bien, rien à faire, il faut se mettre au diapason, il faut en rajouter sur le sombre avenir qui nous attend. Je n’en peux plus.
En me réveillant ce matin, la première chose qui me soit venue à l’esprit c’est : Est-ce que c’est important tout ça ? Je me demande ce que j’étais en train de rêver pour avoir cette phrase à l’esprit... Ce qui est important par exemple c’est de sentir l’angoisse monter quand Agamemnon pénètre dans le palais où Clytemnestre va sauvagement l’assassiner, sous les cris de Cassandre qu’il a ramenée captive de Troie : « Ah ! horreur ! horreur ! que vois-je ? N’est-ce point un filet d’enfer ? ». Etrange combien cette Cassandre de papier, dont je lis les lamentations dans un petit café tranquille, loin de tout, me fait du bien, me rassure, me montre qu’il y a autre chose de plus beau, de plus grand, de plus fondamental que la vie que nous font miroiter (certains) de mes contemporains.

2 commentaires:

Akseli Koskela a dit…

Oui, je suis d'accord.

Mais, est-il qu'il n'y a pas des tels drames aujourd'hui? Ou peut-être, l'angoisse de Cassandre n'est qu'une histoire parfait de l'angoisse humaine? Comme une histoire de Shakespeare, qui a été perfectionné sur le temps et qui n'est plus d'accord avec l'histoire vraie de Cassandre.

Agnès a dit…

Lire l'Orestie d'Eschyle c'est a la fois se dire que c'est loin de nous, qu'il s'agit de heros et de dieux etc... tout en sachant que ce sont les memes sentiments humain qu'aujourd'hui, et je crois que j'attends une vraie catharsis de cette lecture. La lecture seule deja m'eloigne de mes tracas quotidiens et me soulage.