vendredi 16 juillet 2010

Illusion auditive

Elle est née de l’autre côté de la Méditerranée, dans le pays voisin de celui où j’ai vu le jour. J’aurais dû la faire parler de sa ville dont j’ai mis longtemps à vérifier la position sur la carte.

Hier soir, pour les besoins d’un cours que je donne sur ce pays, j’ai regardé un documentaire magnifique. Soudain ses protagonistes se rendent dans la ville, ils la parcourent à pied, et s’arrêtent dans une petite cour. Ils nomment les anciens voisins de cette cour. J’ai senti, à ce moment-là, le coeur au bord des lèvres, comme un complot entre mon cerveau et mes oreilles. Les lettres de son nom prenaient petit à petit corps, je retenais mon souffle, là, là, on allait prononcer son nom, j’en étais sûre, parce qu’on ne pouvait pas faire autrement, parce que cette ville ne peut qu’avoir gardé des traces de son enfance parce que pour moi elle se confond avec elle... Je voulais tant qu’on dise que c’est là qu’elle avait vécu avec sa famille, que c’était sur cette placette, plus bas, qu’elle allait danser. Le documentaire se termine sur un homme qui pleure face à la baie, qui pleure sa jeunesse et le gâchis de la guerre. Moi aussi je pleurais face à cette mer si bleue, que ses yeux à elle avaient dû quotidiennement contempler.

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