Zuihitsu ou "notes au fil du pinceau", comme en composaient les gentes dames de la cour de Heian au Japon, aux environs de l’an 1000: « J’ai rassemblé des notes sur les événements qui s’étaient déroulés devant mes yeux et sur les réflexions que j’avais faites en mon âme » (Sei Shōnagon dans Notes de chevet)
vendredi 9 juillet 2010
Rodéo
jeudi 8 juillet 2010
Fi des combats entre oiseaux de la volière! (Athéna)
Jacqueline de Romilly raconte l’ Orestie d’Eschyle
L’été est propice à la lecture d’auteurs latins et grecs. Le soleil s’accommode bien avec Cicéron et Pline ou Platon et Eschyle (ici).
Dans le livre ci-dessus, Jacqueline de Romilly explique la pièce avec un ton qui me rappelle celui de Haruki Murakami dans ses romans. Elle prend les personnages comme ils sont, avec fermeté et douceur à la fois, et explique les choses les plus ardues avec des mots simples. La façon dont elle parle d’Athéna est vraiment émouvante, et peu à peu on comprend le culte qu’on lui vouait. C’est un livre qui donne envie de voir la pièce – on m’a dit qu’il y a quelques années on la jouait à Londres et que c’était magnifique... – mais qui en même temps donne à voir la pièce : quand elle décrit les Erinyes, ces monstres qui pourchassent Oreste, et qui dorment et grondent dans le temple d’Apollon à Delphes et crient « Attrape, attrape, attrape, attrape ! », je ne me suis pas évanouie comme certains l’on fait lors des représentations il y a plus de 2000 ans, mais je n’ai pas pu réprimer un frisson.
mercredi 7 juillet 2010
Petite parenthèse, entre guillemets
Blaise Cendrars
mardi 6 juillet 2010
Tous les trains sont les bilboquets du diable (Cendrars)
Pour une journée loin mais pas trop loin, mais assez loin quand même pour remettre du rose dans la vie, ou plutôt de l’énergie dans les pensées.
lundi 5 juillet 2010
Sisyphe à la Chantilly
Que c’est tentant de lui faire des chatouilles !
Quelle est la réalité qu’annonce mon coeur ? Qu’il me faut des vacances. Que j’ai besoin d’oublier le chemin de l’école. Mais il sait, le fond de mon être, que ce n’est pas tout à fait possible. D’où un léger sentiment de ras le bol (de fraises en forme de coeur).
dimanche 4 juillet 2010
Bonnus Anniversarus croâ croâ
Puis, c'est l'aube fraîche et pâle et des rayons frappent à nouveau les yeux, un oiseau magnifique paraît en haut du ciel et de son aile rapide fend l'air du côté favorable.
Cicéron dans De la Divination
Où je faisais mon deuil du noir immaculé pour accepter que plumes blanches et plumes noires, sur un corps dodu, somme toute, c’était joli, je ne perdais pas au change ...Le jour de mon anniversaire, un beau corbeau grassouillet est venu me chanter une aubade, perché sur une branche, juste en face de ma fenêtre!
Le calme est revenu. Ils se sont soudain envolés tous les deux dans la même direction. A quel lutte de pouvoir se livraient-ils ce matin-là ? Si nous étions à Rome, sous les Césars, j’y aurais vu peut-être comme un mauvais présage et me serais précipitée au temple du coin pour consulter un haruspice.Ou bien serais-je allée réveiller Cicéron, qui parmi ses ouvrages compte un De la Divination : « Marcus Tullius, Marcus Tullius, que penses-tu de ce corbeau qui croasse à ma fenêtre au matin de mon anniversaire ? »
D’une voix endormie le formidable orateur m’aurait dit : « Prends le rouleau De la divination sur l’étagère et lis Livre I, 7 »
Que Carnéade cesse donc de railler, comme le faisait d'ailleurs Panétius demandant si Jupiter avait ordonné que le cri de la corneille se fît entendre à gauche, celui du corbeau à droite. Mais moi c’est à gauche qu’il chante, mon corbeau !
« Maintenant, Livre II, 6 »
Et je ne dis pas encore à quel point sont dépourvus de toute valeur des signes tels que la fissure du foie, le cri du corbeau, le vol de l'aigle, le passage d'une étoile, les paroles d'un délirant, les sorts, les songes...
« Maintenant, tiens, voici ma carte d’anniversaire et laisse-moi dormir je suis pompé(e)» (comprenant le jeu de mot, j'aurais bien rigolé)Elle aurait été bien jolie la carte d’anniversaire de Cicéron et elle aurait deviné ce que mon avenir me réservait... Je l’aurais bien sûr conservée précieusement tant et si bien que plus de deux mille ans plus tard on peut encore l’admirer au British Museum !