Zuihitsu ou "notes au fil du pinceau", comme en composaient les gentes dames de la cour de Heian au Japon, aux environs de l’an 1000: « J’ai rassemblé des notes sur les événements qui s’étaient déroulés devant mes yeux et sur les réflexions que j’avais faites en mon âme » (Sei Shōnagon dans Notes de chevet)
lundi 28 juin 2010
Les chevaux du Temps s’arrêtent à ma porte (Supervielle)
dimanche 27 juin 2010
Sans dessus dessous
C’est sans regret que je laissais à d’autres le temps estival au-dessus : j’aime l’ambiance qui règne parmi les spectateurs d’un film au long cours: ces contacts qui se nouent, ces sourires, le temps d'une traversée... Chacun chérit sa place, même si elles n’étaient pas numérotées. Dans cette bulle de douceur et de gentillesse, j’étais un peu transportée de mon vivant aux îles Fortunées.
Ce film – à l’origine une série télévisée en trois épisodes – nous plonge dans la Renaissance italienne, à Florence surtout, sous Cosme de Médicis (1389-1464), le fondateur de la dynastie. Il se termine sur la célèbre promenade qu'effectue l’architecte Leon Battista Alberti (qui était aussi peintre et philosophe) avec Lorenzo, le futur Laurent le Magnifique (petit-fils de Cosimo), parmi les ruines de Rome, qui lui inspirent une réflexion sur les bienfaits de l’éducation et de la curiosité intellectuelle.
Même si c’était parfois difficile de comprendre ce qui se tramait – il aurait fallu connaître l'histoire de la Péninsule sur le bout des doigts – on arrivait à saisir le foisonnement intellectuel de l’époque avec, par exemple, la diffusion des écrits des auteurs arabes, grecs et romains pour lesquels Cosimo dépensait des milliers de florins.
Mais ce qui m’a le plus émerveillée – c’est le mot juste – c’est quand Alberti, dont le rêve est de redonner son prestige et sa beauté à une Rome « envahie par les chèvres et repère de brigands », descend dans un souterrain pour montrer, au futur pape Nicolas V, les ruines romaines et les trésors qu’elles recèlent. Combien j’aurais aimé assister aux fouilles de Rome! C’était amusant de se dire qu’à l’étage au dessus de ma caverne s’étalaient de nombreux objets et statues découverts à Rome à l’époque d’Alberti ainsi que des dessins de ses artistes les plus prestigieux...
Le musée fermait ses portes quand j’ai émergé des ténèbres à la lumière encore vive du jour finissant. Mais plongée dans le noir, j’avais vu mille fois mieux que les habitants de ce séjour pour avoir contemplé en vérité le beau, le juste et le bien. (Merci à Platon pour ses allégories !)
Même si c’était parfois difficile de comprendre ce qui se tramait – il aurait fallu connaître l'histoire de la Péninsule sur le bout des doigts – on arrivait à saisir le foisonnement intellectuel de l’époque avec, par exemple, la diffusion des écrits des auteurs arabes, grecs et romains pour lesquels Cosimo dépensait des milliers de florins.
Le musée fermait ses portes quand j’ai émergé des ténèbres à la lumière encore vive du jour finissant. Mais plongée dans le noir, j’avais vu mille fois mieux que les habitants de ce séjour pour avoir contemplé en vérité le beau, le juste et le bien. (Merci à Platon pour ses allégories !)
samedi 26 juin 2010
La table de travail enchantée
Si j’avais su, je l’aurais mise plus tôt dans ma chambre, cette petite table sixties désuète, plus table de camping que de cuisine. Mon bureau encombré n’est pas très pratique quand on aime comme moi s’étaler.
Loin d'elle je la couve des yeux. Quand je rentre, il faut j’y dépose mon livre, j’y laisse ouvert mon agenda comme si je ne savais pas ce qu’il y avait dedans, j’y empile des dossiers... J’aime faire la navette entre elle et mon bureau – à moins d’un mètre l’un de l’autre ! - pour vérifier quelque chose sur mon ordinateur ou imprimer un document...
C’est vraiment un jeu et ces derniers temps je me suis amusée comme une petite folle. Tant et si bien que logiquement cette table magique devrait retourner un peu plus tôt que prévu à sa place initiale... Mais elle exerce un tel pouvoir sur moi que cet été, c’est décidé, je ne ferais pas table rase !
vendredi 25 juin 2010
Un plat pays
jeudi 24 juin 2010
Je suis venu dans le monde comme un soleil neuf
Ne perds pas une seule parcelle de la lumière que tu détiens
Saisis fermement le noeud de ton être
Il est plus beau d’augmenter son propre éclat
Saisis fermement le noeud de ton être
Il est plus beau d’augmenter son propre éclat
Et d’en éprouver la splendeur à la lumière du soleil
Examine-toi toi-même
Crée un être vivant
Seul, un être ainsi vivant est digne de louanges
Sinon, le feu de l’existence ne serait que fumée
Mohammad Iqbal 1877-1938
Poète et philosophe pakistanais
Examine-toi toi-même
Crée un être vivant
Seul, un être ainsi vivant est digne de louanges
Sinon, le feu de l’existence ne serait que fumée
Mohammad Iqbal 1877-1938
Poète et philosophe pakistanais
Se réveiller et se laisser susurrer un poème de Mohammad Iqbal à l’oreille, comment résister ensuite à faire du jour qui se lève un beau jour, certes studieux, mais sans interférences de l’extérieur, donc agréable et reposant ?
Sans interférences ? Pourtant la radio est sans cesse allumée... on joue à saute-mouton, de l’aurore à la nuit profonde, avec toutes les radios possibles... on ne quitte pas l’Internet au cas où l’on voudrait se renseigner sur les sorties ciné de la semaine, commander sur un coup de tête Les vies et doctrines des philosophes de Diogène Laerce ou vérifier pour la énième fois si ses blogueuses préférées ont mis à jour leur site ...
Mais ce n’est pas la même chose, ces ondes-là je les accueille chez moi avec gratitude. Je peux alors imaginer vivre dans un coin reculé de la campagne, loin de tous ces « occupés » comme les appelait Sénèque, empêcheurs de tourner en rond.
J’adore les journées où je ne suis qu’à l’écoute, passées à lire et à écrire, où le seul son qui passe mes lèvres est celui du rire pour une blague entendue à la radio.
Et le soir, quand on s’écoute un peu soi-même, on s’aperçoit, après une telle journée, qu’on a attisé « le feu de notre existence ».
Sans interférences ? Pourtant la radio est sans cesse allumée... on joue à saute-mouton, de l’aurore à la nuit profonde, avec toutes les radios possibles... on ne quitte pas l’Internet au cas où l’on voudrait se renseigner sur les sorties ciné de la semaine, commander sur un coup de tête Les vies et doctrines des philosophes de Diogène Laerce ou vérifier pour la énième fois si ses blogueuses préférées ont mis à jour leur site ...
Mais ce n’est pas la même chose, ces ondes-là je les accueille chez moi avec gratitude. Je peux alors imaginer vivre dans un coin reculé de la campagne, loin de tous ces « occupés » comme les appelait Sénèque, empêcheurs de tourner en rond.
J’adore les journées où je ne suis qu’à l’écoute, passées à lire et à écrire, où le seul son qui passe mes lèvres est celui du rire pour une blague entendue à la radio.
Et le soir, quand on s’écoute un peu soi-même, on s’aperçoit, après une telle journée, qu’on a attisé « le feu de notre existence ».
mercredi 23 juin 2010
L’aveu : J’ai très peur des fourmis, Sylvia !
mardi 22 juin 2010
Eschyle, à la rescousse!
En me réveillant ce matin, la première chose qui me soit venue à l’esprit c’est : Est-ce que c’est important tout ça ? Je me demande ce que j’étais en train de rêver pour avoir cette phrase à l’esprit... Ce qui est important par exemple c’est de sentir l’angoisse monter quand Agamemnon pénètre dans le palais où Clytemnestre va sauvagement l’assassiner, sous les cris de Cassandre qu’il a ramenée captive de Troie : « Ah ! horreur ! horreur ! que vois-je ? N’est-ce point un filet d’enfer ? ». Etrange combien cette Cassandre de papier, dont je lis les lamentations dans un petit café tranquille, loin de tout, me fait du bien, me rassure, me montre qu’il y a autre chose de plus beau, de plus grand, de plus fondamental que la vie que nous font miroiter (certains) de mes contemporains.
Inscription à :
Articles (Atom)