vendredi 4 juin 2010

Thaï crayon

Au resto thaï
Ils ne savent pas faire les additions: 63 + 6 = 39
Un avertissement à l’heure des moyennes?

jeudi 3 juin 2010

Ma petite entreprise

Il fait super beau, je viens de vérifier, le ciel est très très bleu sans un seul nuage. J’ai envie d’aller me promener, mais je sais que le temps est précieux. Le temps que j’ai, je l’occupe à lire : Un aller simple de Didier van Cauwelaert, Le voyage de Bougainville, Le Supplément au voyage de Bougainville de Diderot, Voyage en terre de Brésil de Jean de Léry, Le malade imaginaire de Molière - la récente adaptation télévisée de la pièce avec Christian Clavier et Marie-Anne Chazel est vraiment drôle. Et j’imagine mille façons de les exploiter en classe. Je voyage à Marrakech et chez les Toüoupinambaoults du Brésil, à Tahiti, et aux Marquises dans le sillage de Gauguin, Brel et Barbara. Je ne peux écouter la chanson Gauguin (Lettre à Jacques Brel) de Barbara sans pleurer. Je me souviens du jour où, en 1977, mes parents ont ramené le dernier disque de Jacques Brel à la maison avec sa pochette bleue couverte de nuages.

mercredi 2 juin 2010

Un océan de nuages

Chalutiers au loin,
Entre le noir et le bleu
D'un matin de juin.
Shûyô MIURA
Non, je n’ai pas la berlue et je ne prends pas le Pirée pour un homme. Je sais qu’il n’y a pas de chalutier sur ces photos. Seulement deux corbeaux qui se font la course dans le ciel. J’ai envie de voir la mer et l’horizon au loin. J’ai envie de voir des oiseaux voler dans un grand ciel bleu. En vrai.

mardi 1 juin 2010

Tsubame

Si je pouvais être
L’hirondelle
Qui tout entière se donne à ses pensées


Sôseki
Entre tous, le mois de juin est mon mois préféré. C’est le mois de juin qui donne le la de l’été. Après toute une année à courir partout, il faut embrayer sur une vitesse de croisière, trouver un juste équilibre entre travail et repos, mieux, les combiner. Ce que j’aime le plus c’est préparer de nouveaux cours (l’étude d’un roman, d’un film, d’un tableau), et y travailler des journées entières, les fenêtres ouvertes quand le temps le permet, en écoutant de la musique ou la radio, le sol jonché de papiers. Bien sûr il y a des réunions et des obligations, mais il y a aussi pleins de films, de conférences, d’expos... J’ai entendu dans le bus une mère demander à sa fille si elle avait des devoirs à faire pendant cette semaine de vacances scolaires (half-term). Elles se sont mises d’accord pour faire un planning afin de ne pas arriver à la veille de la reprise complètement stressées. J’écoutais ça avec ravissement avec une folle envie de m’amu... pardon, de travailler !

lundi 31 mai 2010

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

« Les étoffes parlent une langue muette, comme les fleurs, comme les ciels, comme les soleils couchants » écrit Baudelaire dans La chambre double (Petits poèmes en prose). Dans Elévation (Les Fleurs du Mal), il écrit : « Heureux celui (...) qui plane sur la vie, et comprend sans effort/Le langage des fleurs et des choses muettes ! » Comme le poète j’aimerais planer sur la vie et comprendre la langue muette du soleil couchant. Mais comment faire pour y parvenir ? Il nous faudrait tendre l’oreille à toutes ces langues muettes, comme celle que les toits chuchotent pour parler aux étoiles:

Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale
Voici que s’assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux-mêmes
Dodelinent de la tête comme l’enfant sur le dos de sa mère
Voici que les pieds des danseurs s’alourdissent,
que s’alourdit la langue des chœurs alternés.
C’est l’heure des étoiles et de la Nuit qui songe
S’accoude à cette colline de nuages, drapée dans son long pagne de lait.
Les toits des cases luisent tendrement.
Que disent-ils, si confidentiels, aux étoiles ?
Dedans, le foyer s’éteint dans l’intimité d’odeurs âcres et douces.

« Nuit de Sine » (Chants d’ombre) de Léopold Sédar Senghor

dimanche 30 mai 2010

Je comprends la reine d’Angleterre

Je comprends, depuis peu, la passion d’Elizabeth II pour les Corgies. Qu’il était affectueux ce jeune chiot ! Si mignon, si pataud, si espiègle ! La dame au chien, qui nous l’a montré, l’appelle Lex. Moi je l’appellerais Gérard, Marcel, Eric ou Patrick. C’est que la dame au chien n’est pas très sentimentale envers ses toutous. Ce sont des animaux, des bêtes à concours, pas des chienchiens à sa mémère ! Moi, j’avais envie de couvrir de baisers le museau de ce bébé corgi, comme doit le faire sa gracieuse majesté quand personne ne la regarde.
Pendant que nous batifolions avec le chiot, d’énormes chiens, plus grands que moi, aboyaient, se jetaient de toute leur masse sur la porte, pour la briser et venir nous dévorer. Quand nous passions près d’eux, ils aboyaient de plus belle, la gueule béante, tous crocs dehors. S’ils avaient réussi à ouvrir la porte, ils auraient fait de la charpie de nous. Je n’aurais pu m’échapper qu’en montant à cru sur le cheval qui paissait dans l’enclos d’à côté, comme un Sioux... C’est à dire que j’aurais fini en chair à pâté. J’en frémis rétrospectivement !

samedi 29 mai 2010

L'insecte et la pâquerette

J’ai rêvé, dans la nuit qui suivait la « grande messe des corrections », j’ai rêvé qu’au matin, en me levant, je découvrais qu’un insecte immonde avait fait son nid dans mon couloir, près de ma porte d’entrée. Rien à voir avec ce joli insecte vert sur cette marguerite ! Un énorme insecte, visqueux, pris dans une toile, une sorte de ver géant. Dans mon rêve, au lieu de me démonter, je me saisissais d’un balai et, ni une ni deux, je décapitais cette monstruosité, puis la coupais en deux par le milieu, sans l’ombre d’un dégoût. Quand je me suis réveillée, c’est là que j’ai fait la grimace. En réfléchissant, le sens de ce rêve me paraît évident : cet insecte gluant c’est le stress généré par le travail. Ça m’a fait rire de boucler cette année par ce rêve. Cela montre vraiment que dans ma tête j’ai tiré un trait, que je suis passée à autre chose.