vendredi 28 août 2009

A nie mots

D comme dauphin
J’aimais que les dauphins suivent notre bateau
Entre Tanger et AlgesirasP comme pouleQuand j’avais 4 ans j’ai lancé des grains de maïs à des poules
A La Rochelle
P comme porc aussiEst-ce la grippe qui marche à grands « A » dans le ciel ?
(Ma bizarre maladie de juillet?)

jeudi 27 août 2009

Le jour d’après

Cette image-là me fascine. Je pourrais passer des heures à l’observer. Elle se trouve au British Museum (cela n’étonnera personne) dans une salle du troisième étage où sont exposés des objets qui racontent l’histoire de l’Europe entre 300 et 1100. Sur cette image on voit ce qui se passe en Angleterre une fois que les Romains sont partis remplacés par les Anglo-saxons. Les bâtiments romains tombent en ruine et leurs matériaux sont recyclés par la population pour construire leurs propres maisons. On dirait une image de fin du monde, sortie d’un film-catastrophe. Je me demande ce qui se disait à l’époque sur l’occupation romaine, ce que cela devait faire de voir ces magnifiques bâtiments s’écrouler et de penser aux jeux qui s’y déroulaient, de fouiller dans les gravas et ce qu’on pouvait y trouver... J’ai l’impression que règne un grand silence après les clameurs, une grande incertitude. Pour moi c’est une image arrêtée de la transition. La transition entre l’été et l’automne, l’oisiveté et le travail, entre des idées et des désirs auxquels on s’accrochait, auxquels on croyait dur comme fer, que l’on croyait immuables, perpétuels, et qui un jour insensiblement évoluent, se transforment, pour construire d’autres désirs, d’autres idées auxquels on va adhérer pour un temps.

mercredi 26 août 2009

Trucs Etrusques

Il est des gens qui naviguent et qui endurent les fatigues des voyages les plus longs, pour le seul avantage de connaître quelque chose de caché et d'éloigné. Voilà ce qui attire les peuples en foule vers les spectacles ; voilà ce qui fait percer des voies dans les espaces fermés, fouiller dans les réduits secrets, dérouler les antiquités, étudier les moeurs des nations barbares (non-romaines). C'est un esprit curieux, que la nature nous a donné : pleine du sentiment de son industrie et de sa beauté, elle nous a engendrés pour être spectateurs de si grands spectacles; elle perdait le fruit d'elle-même, si des ouvrages si grands, si éclatants, si artistement conduits, si achevés, des ouvrages toujours divers et toujours beaux, elle ne les montrait qu'à la solitude.

De Otio (L’oisiveté) de Sénèque
« Je ne suis pas sûre, mais un jour, les Etrusques sont devenus des Romains, mais je ne sais pas comment. » Cette phrase, chipée au vol à une touriste française en visite au British Museum, m’a vraiment fait rire. Attention ! Je ne me moque pas. J’aurais été bien incapable moi-même d’expliquer au pied levé ce point de l’histoire antique ! Ce qui m’a fait rire, c’est d’imaginer le jour où les Etrusques se sont réveillés Romains, comme si, pendant la nuit, leurs corps avaient changé, et que dans leurs armoires, bien pliés et fleurant bon la lavande, des toges de toutes les couleurs avaient remplacé les frusques de nos amis Etrusques. (Les photos ci-dessus sont égyptiennes car je n’ai pas de trucs Etrusques dans mon appareil)

mardi 25 août 2009

Arbres carnivores

Je viens de voir Séraphine de Martin Provost. Un très bon film. Je me suis attachée au personnage et j’ai même adopté le point de vue de son protecteur, Wilhelm Uhde et, comme lui, j’ai aimé les tableaux de Séraphine, je voulais qu’il l’expose et que le monde entier la connaisse. Mais dès le film fini, en repensant à ces peintures, je les ai trouvées carrément affreuses et effrayantes. J’étais vraiment mal à l’aise devant ces formes et ces couleurs, par la forme des feuilles surtout... J’ai retrouvé un peu des arbres de Séraphine au British Museum, sur une peinture sur soie représentant les différentes façons de peindre les arbres dans l’art indien. Heureusement qu’il y avait un joli poème et de la musique indienne pour me rassurer !

lundi 24 août 2009

Le temps seul est notre bien

Suis ton plan, cher Lucilius ; reprends possession de toi-même : le temps qui jusqu’ici t’était ravi, ou dérobé, ou que tu laissais perdre, recueille et ménage-le. Il est des heures qu’on nous enlève par force, d’autres par surprise, d’autres coulent de nos mains. Or la plus honteuse perte est celle qui vient de négligence ; et, si tu y prends garde, la plus grande part de la vie se passe à mal faire, une grande à ne rien faire, le tout à faire autre chose que ce qu’on devrait. Persiste donc, ami, à faire ce que tu me mandes : sois complètement maître de toutes tes heures. Tandis qu’on l’ajourne, la vie passe. Cher Lucilius, tout le reste est d’emprunt, le temps seul est notre bien. C’est la seule chose, fugitive et glissante, dont la nature nous livre la propriété ; et nous en dépossède qui veut. Mais telle est la folie humaine : le don le plus mince et le plus futile, dont la perte au moins se répare, on veut bien se croire obligé pour l’avoir obtenu ; et nul ne se juge redevable du temps qu’on lui donne, de ce seul trésor que la meilleure volonté ne peut rendre.

Lettres à Lucilius de Sénèque
Il y a eu un grand coup de vent dans les arbres, et la chaussée s’est couverte de feuilles mortes. J’ai essayé de me persuader que c’étaient des feuilles de l’année dernière, d’avant le printemps, des récalcitrantes... Mais il faut me rendre à l’évidence. Je n’ai pas la berlue : l’automne est en marche... Bientôt une nouvelle fraîcheur va se remarquer dans l’air et sans regarder le calendrier on saura, en frissonnant, que nous sommes en septembre. Maintenant il va falloir se boucher les oreilles à tous les commentaires ronchons de ceux qui regretteront l’été et maugréeront contre la rentrée!

dimanche 23 août 2009

Compter les chevaux

Ce serait un poème, comme ceux que j’ai lus sur les murs de l’expo Richard Long à la Tate Britain : je vais noter tous les bruits que j’entends dans la rue après minuit – car il fait si chaud qu’on dort la fenêtre ouverte !
Talons précipités
Sirène de police
Souffles de moteurs
Rires et conversations bruyants
Concert d'oiseaux
Croassements de corbeaux

Tout va bien, j’ai eu mes 4h45 de sommeil !
Sound line
A sound from each day along a walk of 622 miles in 21 days from the north coast to the south coast of Spain 1990

Surf roar at Ribadesella
A thundering river in the desfiladero de los Beyos
A mewing buzzard near Horcadas
A squealing pig in Saelices del río
A barking dog in Sahagún
A skylark near Moral de la Reina
Geese near Medina del Campo
Starlings in Fuente el sol
A splash in a rain puddle in Mirueña de la Infanzones
Crunching snow on the Puerto de las Fuentes
A braying donkey near Segurilla
Kicking a stone in Alcaudete de la Jara
Hissing wind through branches in la Nava de Ricomalillo
A cock crowing near Herrera del Duque
A frog near Almadén
The screech of a heron on the Río Valdeazogues
Hitting two stones together in Villanueva de Córdoba
A flock of crows near Adamuz
A barking dog in Santa Cruz
Crackling fires near Moriles
Whisking over the río Guadalhorce
Surf roar at Málaga

samedi 22 août 2009

A cloudless walk

Ce que j’ai le plus aimé à l’expo Richard Long à la Tate Britain, ce sont les lieux de l’expo eux-mêmes (des salles immenses et claires) et les itinéraires-poèmes en lettres géantes sur les murs, qui m’ont renvoyée à mon récent voyage et à comment m’avaient intéressée les noms des villages que j’avais traversés. J’ai aimé aussi prendre le bateau jusqu’à la Tate Modern sous un ciel d’un bleu! Qu’il faisait chaud ! Un texte surtout m’a intéressée: Transference. C’est le nom d’une réaction chimique selon laquelle une particule peut agir sur le comportement d’une autre particule jusqu’à créer une symétrie, même si la distance entre les deux particules est grande. Richard Long a marché 3 jours dans le Dartmoor, puis il est allé au Japon marcher dans les montagnes du Chokai, et avait remarqué sur son chemin exactement les mêmes choses qu’en Angleterre.Au Japon, comme en Angleterre, il y avait des forêts, des papillons blancs, des rivières... Et moi, le parcours entre la Tate Britain et la Tate Modern sur la Tamise, m’a donné l’impression d’être sur la Sumida entre le jardin Hamarikyû et Asakusa.
Transference
A three day walk on Dartmoor

Forest - White butterflies - Crossing a stream - Animal droppings - Slippery boulders - Peat bog - Sleeping towards East - Half-moon - Yellow flowers - A river source - Footpaths - Orange mud - A hilltop cairn - Waterfall - Boots drying in the sun - A spicy thai camp meal - Sleeping towards West - Dawn heavy dew - A circle of stones - Following a river


Duplication in the same order of occurence along a 7 day walk on Chokai mountain half a lunar month later.

Forest - White butterflies - Crossing a stream - Animal droppings - Slippery boulders - Peat bog - Sleeping towards East - Half-moon - Yellow flowers - A river source - Footpaths - Orange mud - A hilltop cairn - Waterfall - Boots drying in the sun - A spicy thai camp meal - Sleeping towards West - Dawn heavy dew - A circle of stones - Following a river

England and Japan 2003