jeudi 30 avril 2009
Gaga de chez Gaga
mercredi 29 avril 2009
« Passant, mange, bois, divertis-toi ; tout le reste n’est rien. » (Assurbanipal)
mardi 28 avril 2009
Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras...
lundi 27 avril 2009
Poaime
That break on Takashi beach
In noisy arrogance
If I should go near that shore
I would only wet my sleeves.
into the waves and the pine breeze from the beach
twists my hair around the railing.
Ōtori (Yosano) Akiko, 6 août 1900
dimanche 26 avril 2009
« Il faut saisir les doux moments de notre vie »
Sois comme le soleil pour l'affection et la miséricorde.
Sois comme la nuit pour la couverture des défauts d'autrui.
Sois comme la mort pour la colère et la nervosité.
Sois comme la terre pour la modestie et l'humilité.
Sois comme la mer pour la tolérance.
Ou bien parais tel que tu es ou bien sois tel que tu parais.
Rûmî (XIIIe siècle)
Les épaisses forêts qui couvrent leurs pentes...
Les sources de Beele-Darreh, de Sar'eyn, de Sardabeh, de Booshloo, célèbres pour leurs vertus curatives...
Les rives des lacs Ne'or, Shoorabil, ShoorGel, NouShahr, Aloocheh...
L’immense plaine où se trouve la ville d’ Ardabil, berceau de la dynastie des Séfévides.
Cela me suffit pour que se dresse devant moi un décor digne d’un film d’Abbas Kiarostami.
Demain n’est pas là, n’y pensons plus
Pensons aux doux moments de la vie
Ce qui n’est plus, n’y pensons plus
Ce vase était le pauvre amant d’une bien-aimée
Il fut piégé par les cheveux d’une bien-aimée
L’anse que tu vois, au cou de ce vase
Fut le bras autour du cou d’une bien-aimée!
Elle passe bien vite cette caravane de notre vie
Ne perds rien des doux moments de notre vie
Ne pense pas au lendemain de cette nuit
Prends du vin, il faut saisir les doux moments de notre vie
Omar Khayyam (XIIe siècle)
qui est à l'origine de toutes les âmes
Je suis de cette ville
qui est la ville de ceux qui sont sans ville
Le chemin de cette ville n'a pas de fin
Va, perds tout ce que tu as,
c'est cela qui est le tout.
Omar Khayyam (XIIe siècle)
samedi 25 avril 2009
vendredi 24 avril 2009
Corbeau du beau temps
jeudi 23 avril 2009
La ligne haricot vert
Haricots Verts
Tout en Finesse !
Débridez votre imagination
Dessinez-vous une belle bouche tapis rouge
Donnez du glow à votre peau
Un coup de peigne fissa
Pour une fiesta
Pour briller même sans soleil
Pour entrer happy dans le printemps
Et avant de plonger dans les vagues
Portez à l’épaule le beach bag en toile
Make Everyday Happy
Zen et verte, votre bulle de soins
Votre instant beauté
Orchidées
Miel, rose et gingembre
Lait de chèvre
Huile de graines de potiron
Herbes et fleurs fraîchement récoltées
Fraîches, impertinentes et gaies
Elles vous feront prendre la clé des champs
Senteur de vie, parfum d’envie !
Parfumez délicatement votre vie
Senteurs « cartes postales »
Parfums épicés et pousse-au-crime
Corsé de poivre, d’opopanax et de patchouli
Des muscs blancs escortés de néroli
Boule duveteuse de mimosa
Sublimes
MAGNIFIQUES
mercredi 22 avril 2009
Pierre de taille
mardi 21 avril 2009
Dans le sens du poil
J’aime bien quand mon coiffeur est aux petits soins pour moi !
lundi 20 avril 2009
Vade retro satanas!
dimanche 19 avril 2009
Ce cher Nicolas! (pas lui... l'autre!)
samedi 18 avril 2009
Hypomnêmata
- Juste avant mon départ pour Tokyo. Je me suis acheté un simple calepin de quatre sous, que j’ai bourré de la première à la dernière page, en colonnes serrées. Plus tard, lorsque j’ai pu acheter de quoi tenir un vrai journal, cela n’a plus été la même chose. Je ne faisais que gaspiller des pages. Mais cette année, par contre, je me suis procuré un cahier avec une page pour chaque jour et j’ai eu tort. Il suffit que je me mette à écrire pour ne plus pouvoir m’arrêter. »
S’il n’apprit pas sans surprise qu’elle tenait son journal, Shimamura s’étonna plus encore quand il sut qu’elle y consignait régulièrement ses lectures depuis sa quinzième ou seizième année, et elle en avait à présent dix cahiers pleins.
« Tu y relèves également tes critiques ? s’enquit-il.
- Oh ! j’en serais bien incapable, protesta-t-elle. Je note le nom de l’auteur, quels sont les personnages et leurs rapports. C’est tout.
- Mais à quoi cet effort ? Quel profit en tires-tu ?
- Rien. Rien du tout.
- Et tout cela à peine perdue ?
- Mais oui, absolument en pure perte ! »
Ce n’était pourtant pas chez elle un effort parfaitement gratuit ; sa constance avait quand même quelque chose de pur ; et la vie tout entière, l’existence même de la jeune femme s’en trouvaient éclairées.
Pays de neige de Kawabata Yasunari
Pour moi un journal intime, c’est un Hypomnêmata, c’est-à-dire un « carnet aide-mémoire », une somme, qui est à la fois : « un livre de compte, un livre de vie, qui comporte des fragments d’action, des consignations de notes, de citations, de raisonnements entendus ou venus à l’esprit, un trésor accumulé de textes, un réservoir de méditations, qui doivent pouvoir s’implanter, se ficher dans l’âme. » Il peut aussi être livre d’images et herbier.
vendredi 17 avril 2009
Energisantes
jeudi 16 avril 2009
Trois personnages en quête de thé
Trois parapluies se frôlent
Sur le pont de Waterloo
mercredi 15 avril 2009
Macédoine
A Tokyo, je n’ai jamais vu une telle incivilité dans le métro : est-ce parce que cette campagne de prévention a eu une efficacité rare ou parce que j’ai eu de la chance ? En tout cas ces petits pois me font vraiment rire ! Je me demande ce qui se passerait ici, si on représentait les usagers du Tube en petits légumes...mardi 14 avril 2009
Vide grenier perpétuel
J’aimerais garder l’essentiel - c’est le mot que je préfère dans la langue française. L’essentiel ne signifie pas « moins » mais « plus » : ce qui fait vivre plus, qui élève au dessus des aléas de l’existence. Régulièrement, je fais le « grand nettoyage », pour que ce que j’ai sous les yeux me corresponde au plus près et m’apporte le plus de joie. Et j’aimerais que cela tienne dans le plus petit espace possible.
C’est pour cela qu’un soir, à Tokyo, ce minuscule ticket m’a paru la chose la plus précieuse au monde, la chose la plus essentielle que je possède, comme si j’entr’apercevais ce que serait mon rêve le plus cher, s’il se réalisait.
lundi 13 avril 2009
La plage en fer à cheval
Quel bonheur pour vous
D’avoir eaux, ombrages, fleuves et arbres
Le Jardin de la Félicité n’est ailleurs que dans votre territoire.
Ibn Khafâja Xe siècle
Même la reine Elizabeth 1ère d’Angleterre connaissait l’existence de La Herradura ! On trouve dans sa correspondance la mention d’un naufrage qui eut lieu au large de la plage: Philippe II avait décidé d'envoyer vingt-huit gallions vers la place forte espagnole d'Oran qui avait besoin d’argent et d’armes pour lutter contre les pirates. Peu après avoir quitté le port de Málaga, cette armada fut prise dans une terrible tempête. Le 19 octobre 1562, vingt-cinq d'entre eux sombrèrent corps et âmes au large de La Herradura. 5000 marins et soldats périrent dans ce naufrage dont les épaves gisent encore au fond de la mer.
Je ne saurais sans doute jamais pourquoi nous avions pris l’habitude d’aller sur cette plage de galets au lieu de rester les pieds en éventail sur celles de sable blond du village. Sûrement pas pour ces faits historiques qui ne faisaient rêver que moi sur ma serviette de plage ! Peut-être parce que, jusqu’à encore très récemment, elle n’était pas trop fréquentée. L’eau nous y semblait plus bleue et plus chaude qu’ailleurs. Que les galets nous écorchent la plante des pieds nous importait peu.
A la route à trois voies qu’on emprunte pour y aller aujourd’hui, je préférais de loin celle qui serpentait dangereusement sur la colline, avec ses vues plongeantes sur la mer. Nous laissions les fenêtres de la voiture ouvertes et je me souviens de l’odeur des pins qui nous accompagnait jusqu’à une étrange sculpture de pastèque éclatée, au carrefour avec la route qui menait au village.
Un de nos passe-temps favoris, entre deux baignades, était de ramasser des coquillages et des tessons de verre poli. Ces derniers, qui nous paraissaient au bord de l’eau être des émeraudes, des rubis et des saphirs, avaient repris leur aspect roturier quand on les retirait de nos poches le soir même.
Quand j’étais sur la plage de Zushi, au Japon, je lui trouvais de faux airs de Herradura. Sa mer bleue, son ciel azur, ses collines couvertes de pins, ses petites maisons blanches... L’illusion aurait été parfaite si, aux verres polis que j’y ai trouvés, ne s’étaient pas mêlés des coquillages aux formes exotiques, qu’on ne trouve pas sur les côtes andalouses !
Les hameaux d’Al-Andalous apparaissent au milieu
de la verdure des vergers
Comme des perles blanches enfouies au milieu d’émeraudes
Ibn al-Hammâra Xe siècle
dimanche 12 avril 2009
La rose attente
Ce beau jardin,
La rosée l’a argenté,
Puis s’en est séparé en s’évaporant.
Alors le soir est venu dorer ses joues.
Ibn Khafâja, Xe siècle
samedi 11 avril 2009
Journée porte ouverte
vendredi 10 avril 2009
Bewitched!
De la plage de Zushi, je croyais apercevoir la presqu’île d’Enoshima, dans la baie de Sagami. Je l’ai cru jusqu’à ce qu’un film d’Ozu, Printemps Tardif, vienne semer la confusion dans mon esprit... Illusion ou pas, qu’importe ! C’était le 25 décembre, et je voulais passer le Noël le plus éloigné de celui que j’aurais pu vivre à Londres. Pari gagné !
Derrière la gare de Kamakura je suis montée à bord d’un train de la ligne Enoden. Après un premier arrêt à Hase, j’ai continué vers Enoshima. La voie de chemin de fer est si étroite que le train agile semble voler au dessus des toits et passer de justesse entre les rangées de maisons et la colline. De temps à autre, en contrebas, on apercevait la côte et la mer agitée sous les rafales d’un vent puissant. Pour moi c’est le plus beau paysage du monde, parce que c’est celui de mon enfance: sans cesse au Japon, par mille détails, je retrouve le Maroc et l’Andalousie... qui l’eût cru ? Des fenêtres ouvertes, et quand les portes s’ouvraient à chaque arrêt, le wagon se parfumait d’air marin aux touches boisées.
Hase - Gokurakuji - Inamuragasaki - Shichirigahama - Kamakurakokomae - Koshigoe - Enoshima!
J’atteignis le lieu dit Enoshima. Ce lieu était plein d’attraits qui défiaient toute expression. Sur l’étendue infinie de la mer se détachait cette éminence isolée, qui était creusée de nombreuses cavernes. Je dormis dans l’une d’elles, qui se nommait la grotte de Kannon aux mille bras.
Dame Nijō, 1289
Si à l’époque de Dame Nijō, et même bien des siècles plus tard, à celle de Lafcadio Hearn, il fallait attendre la marée basse pour rejoindre l’île, aujourd’hui il suffit de traverser un pont. Après 600m de promenade, on pose le pied sur Enoshima.
La traversée m’a été difficile tant le vent soufflait fort. La mer se heurtait au pont et éclaboussait tout le monde. Heureusement qu’à l’époque je n’avais pas encore vu Ponyo sur la Falaise d’Hayao Miyazaki ! La façon dont il représente l’océan en furie frappe l’imagination... J’étais loin de la mer « bleue comme un ciel sans nuages » de Lafcadio Hearn : ce n’était pas un soft dreamy blue qui la colorait, elle était encre de Chine! Normalement on peut voir le Fuji d’ici – les estampes représentent toujours Enoshima avec le Mt Fuji au second plan – mais en me retournant je ne voyais que la ville de Katase.
And lo! we are in Enoshima. High before us slopes the single street, a street of broad steps, a street shadowy, full of multi-coloured flags and dank blue drapery dashed with white fantasticalities, which are words, fluttered by the sea wind. It is lined with taverns and miniature shops.
Lafcadio Hearn
Qu’ajouter à la description de l’île par Lafcadio Hearn ? Rien n’a changé. Les petites échoppes se sont multipliées et proposent toujours à profusion ces babioles en nacre (mother-of-pearl... c’est joli en anglais !) qui ont tant plu à l’écrivain: « ... des poissons, des oiseaux, des chatons, de petits renards, des chiots, des peignes, des étuis à cigarette, des pipes, des tortues, des grues, des hannetons, des papillons, des crabes, des homards, des abeilles, des fleurs, des bijoux, des épingles à cheveux, des broches, des colliers... » Il en était ébloui! Je me demande bien ce qu’il a pu acheter – pour une bouchée de pain précise-t-il – et s’il y a quelque part dans le monde, sur une étagère, un de ces souvenirs d’Enoshima qui prend la poussière...Au bout de la petite rue principale, on arrive au pied de Shoten-jima, colline où se trouvent les sanctuaires dédiés à Benten, la déesse de la mer, de l’éloquence, de l’inspiration, de la musique, et des arts en général - la déesse du cinéma ?
Transie de froid, j’ai retraversé le pont et suis allée m’asseoir sur la plage – déserte - en face d’Enoshima.
On pouvait voir au loin le petit port de plaisance de Shonan Beach et sa forêt de mâts.
C’était le lieu rêvé pour faire le point sur la vie en général et envoyer des pensées affecteuses à ceux qui s’apprêtaient à fêter Noël à Londres ou en France. Même si le vent s’amusait à me souffler des paquets de sable dans les yeux, pour rien au monde n’aurais-je échangé ma place avec la leur !
Je laisse le mot de la fin à Lafcadio Hearn. Il tente de cerner le charme indéfinissable qu’exerce Enoshima sur ses visiteurs:
...the sweet sharp scents of grove and sea; the blood-brightening, vivifying touch of the free wind; the dumb appeal of ancient mystic mossy things; vague reverence evoked by knowledge of treading soil called holy for a thousand years... And other memories ineffaceable: the first sight of the sea-girt City of Pearl through a fairy veil of haze; the windy approach to the lovely island over the velvety soundless brown stretch of sand; the weird majesty of the giant gate of bronze; the queer, high-sloping, fantastic, quaintly gabled street, flinging down sharp shadows of aerial balconies; the flutter of coloured draperies in the sea wind, and of flags with their riddles of lettering; the pearly glimmering of the astonishing shops.
Comme moi... tout cela l'a « ensorcelé » (bewitched)!
jeudi 9 avril 2009
Onze têtes, pas une de plus, pas une de moins!
mercredi 8 avril 2009
Chassés-croisés à travers le temps
Beyond the Engaku-ji temple extends an immense grove of trees--ancient cedars and pines--with splendid bamboos thickly planted between them, rising perpendicularly as masts to mix their plumes with the foliage of the giants: the effect is tropical, magnificent.
A long, straggling country village, between low wooded hills, with a canal passing through it. In the lukewarm air a mingling of Japanese odours, smells of sake, smells of seaweed soup, smells of daikon, the strong native radish; and dominating all, a sweet, thick, heavy scent of incense,--incense from the shrines of gods.
And yet a sense of melancholy, of desolation unspeakable, weighs upon me. For this mouldering hamlet represents all that remains of the million-peopled streets of Yoritomo's capital, the mighty city of the Shogunate, the ancient seat of feudal power, whither came the envoys of Kublai Khan demanding tribute, to lose their heads for their temerity.
Here still dwell the ancient gods in the great silence of their decaying temples, surrounded by desolations of rice-fields, where the chanting of frogs replaces the sea-like murmur of the city that was and is not.
L’arrivée du Shōgun (le prince-général Koreyasu) et de sa suite était, dans un tel lieu, vraiment impressionnante. Les seigneurs défilaient tous en tunique de chasse ; l’on voyait aussi des soldats de l’escorte revêtus de courtes vestes de guerriers : la variété de leurs tenues était vraiment étonnante.
Si Lafcadio n’a pas visité le sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gū (ci-dessus), Dame Nijô et moi-même, oui – mais pas ensemble! :
J’aperçus au loin le jeune sanctuaire (Tsurugaoka Hachiman-gû), dont le dieu avait promis de protéger « plus que les autres clans » la famille dans laquelle le destin m’a fait naître. Je dus convenir que le site, avec la vue lointaine qu’il offrait sur la mer, était plus remarquable que le paysage du mont Otoko. (ici)
Dame Nijô, elle, venait de Hase et d’Enoshima: Le lendemain, j’entrais à Kamakura. Contrairement à la vue que l’on découvre sur la capitale (Kyoto) du sommet des monts de l’Orient, ici, les maisons qui s’étageaient sur les pentes semblaient entassées comme des objets jetés au fond d’un sac.
Tandis que Lafcadio et moi avons quitté Kamakura pour aller à Hase et Enoshima. Lui dans son fidèle pousse pousse, et moi en train, par la ligne Enoden qui se cache derrière la gare de Kamakura. Lafcadio Hearn aimerait la charmante ville qu’est devenue Kamakura aujourd’hui !
mardi 7 avril 2009
Elle a écrit plus de 50 000 poèmes
You are outside of me but I am not outside of you
Outside of you the very world does not exist.
My husband traveler
are you sleeping now in France?
If a bird of paradise comes into your dreams
it is me.
Yosano Akiko ne resta que quelques mois auprès de son mari en France. Elle revint au Japon peu après juillet 1912, alors que le pays portait le deuil de l’empereur Meiji dont je parlais hier. Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre qu'elle avait séjourné en Touraine, ce qui lui inspira de nombreux poèmes dont celui-ci :
Lorsque de nos pas
nous traversons toi et moi
ce pont de la Loire,
souffle des flots une brise
dans le doux parfum des trembles...
Le hasard fait bien les choses parfois...
lundi 6 avril 2009
L'air Meiji
That it will with gentle pressure
Shape itself to every vessel
And yet pierce the very rock.
Should you but resolve to climb
That peak towering to the heavens,
You will find there is a pathway
To its very summit.
We shall fall behind
Our fellows in the world
If, when we should advance,
We make no move at all.
Emperor Meiji
My mirror every morning,
So spotlessly clear-
Thus might it ever be
With the human heart!
Empress Shōken
dimanche 5 avril 2009
Brève apparition
samedi 4 avril 2009
Petits plats pour grandes scènes
vendredi 3 avril 2009
Amantes amères
Il a fallu que passent quelques heures pour me rendre compte que mes moqueries n’étaient qu’une réaction de défense. C’est en fait un très beau film. Cette lumière glauque, verdâtre, bleuâtre, grisâtre, c’est son plus grand atout: elle reprend exactement la couleur des yeux de Joaquim Phoenix, c’est ainsi qu’il voit sa vie, ce sont les couleurs du fond de l’océan où il veut se jeter et disparaître, il vit dans les profondeurs. La blondeur des cheveux de Gwyneth Paltrow ne peuvent que surnager dans cette noirceur. La passion du héros pour la photographie est très intéressante : quel rôle exact joue-t-elle dans sa vie ? Pourquoi ne photographie-t-il que des paysages avant de rencontrer ses deux amantes? Il faut dire que chez lui des photos de famille tapissent les murs et peut-être ne photographier que des paysages c’est le meilleur moyen de s’évader de cette prison familiale et du poids de son histoire? Quel impact ces deux rencontres ont-elles sur son art ? Ça me donne envie de revoir le film... mais pas tout de suite parce que la plus grande question que je me pose c’est pourquoi je me suis sentie aussi mal à l’aise en le regardant !
jeudi 2 avril 2009
Etang de rêves
Dès que le rythme de ma vie change (je suis en vacances de Pâques), que je ne cours plus partout tambour battant, et que mon esprit n’est plus encombré par les horaires à respecter et les devoirs à corriger, je me mets à rêver à profusion. Comme toujours les premiers rêves évacuent le stress accumulé : j’ai d’abord rêvé que, engluée dans une matière visqueuse, de mes dernières forces je me saisissais d’une ponceuse électrique et me rabotais pour me dégager. A la fin je ressemblais carrément à un de ces bonhommes en pain d’épices que l’on trouve dans les pâtisseries ! Mais j’étais enfin libre ! Dans le rêve suivant je piquais des photocopies à un collègue du Département d’allemand – c’étaient des phrases à traduire d’anglais en allemand – je mettais du typex sur « translate into German » et remplaçais par « into French » ! J’espère que mes prochains rêves seront plus apaisés. Que sont devenus ceux que j’ai confiés à l’étang du parc Inokashira par un jour de grand vent glacial?
mercredi 1 avril 2009
La Superba
Il y a sur la ville
Des oriflammes de sourire
Qui seraient là pour annoncer
De plus beaux jours
Eugène Guillevic
la ville âpre et profonde ;
et sans cesse, malgré l' assaut des jours,
et les peuples minant son orgueil lourd,
elle résiste à l' usure du monde.
Emile Verhaeren